Face à la dégradation fulgurante de la situation sécuritaire à l’extrême-Est du Tchad, la Zara Mahamat Issa, Ministre de l’Action Sociale, de la Solidarité et des Affaires Humanitaires, a réuni en urgence ce jeudi les principaux acteurs humanitaires. La rencontre s’est tenue en présence du Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire du Système des United Nations Chad – Nations Unies Tchad, signe de l’inquiétude grandissante face à l’instabilité régionale.
Au centre des échanges : la relocalisation immédiate des réfugiés installés dans des sites de transit et des campements spontanés situés près de la frontière, notamment dans les zones sensibles de Tiné et Adré. Ces localités, exposées depuis plusieurs semaines à une montée alarmante des violences, subissent des attaques répétées ayant déjà coûté la vie à de nombreux civils.
Devant les partenaires, la Ministre a rappelé avec fermeté que la protection des populations vulnérables et la sécurisation des frontières constituent désormais « une priorité absolue ».
« Protéger les vies humaines n’est pas une option : c’est notre responsabilité première », a-t-elle insisté.
Pour le Gouvernement, la relocalisation n’est plus un simple choix stratégique : elle s’impose comme une nécessité vitale. Cette opération vise à éloigner immédiatement les réfugiés des zones à très haut risque, à éviter de nouvelles pertes en vies humaines, et de stabiliser des frontières fortement fragilisées par les violences transfrontalières.
Selon la Ministre, il s’agit d’un impératif à la fois humanitaire et sécuritaire : sauver des vies tout en renforçant la défense du territoire.
La Ministre a également appelé à un sursaut collectif. Elle a exhorté les organisations humanitaires à intensifier leurs efforts et à coordonner leurs interventions, soulignant que l’ampleur de la crise dépasse la capacité d’une seule institution. Pour réussir cette relocalisation, elle demande un appui accru en moyens logistiques, humains, financiers et matériels.
Le Gouvernement, a assuré la Ministre, accompagnera pleinement l’opération sur le terrain. Les autorités administratives et les forces de sécurité ont déjà reçu instruction de faciliter les déplacements, d’appuyer les opérations et de renforcer la coordination. Cette relocalisation est désormais inscrite comme une priorité stratégique par les plus hautes autorités du pays.
Alors que les violences se multiplient et que les tensions frontalières s’accentuent, le Tchad se trouve à un tournant critique. Protéger les réfugiés n’est plus seulement un défi humanitaire : c’est un enjeu majeur de stabilité nationale.
L’efficacité et la rapidité de la réponse collective détermineront, dans les jours à venir, l’évolution d’une crise dont les conséquences pourraient s’avérer déterminantes pour toute la région.
La Rédaction
