Une nouvelle tragédie est venue raviver les tensions entre communautés rurales dans le sud du Tchad. Au moins quatre personnes ont perdu la vie et une autre a été grièvement blessée lors d’affrontements meurtriers survenus samedi 27 juin 2026 dans le village de Bekin, situé dans le canton Modélé, département de la Moula.
D’après des informations recueillies auprès de plusieurs sources locales, les violences trouvent leur origine dans un incident survenu au sein d’un campement temporaire d’éleveurs installé à proximité du village. Un jeune habitant de Bekin est soupçonné de s’être introduit de nuit dans le campement pour y voler plusieurs effets personnels.
Selon ces mêmes sources, il aurait été surpris par un enfant d’environ huit ans. Pour éviter d’être identifié, le présumé voleur aurait mortellement agressé le mineur avant de dissimuler son corps et de regagner le village avec les objets dérobés.
À son retour, le suspect aurait été appréhendé par les habitants puis remis aux militaires du poste de Malissaman, situé à près de deux kilomètres de Bekin. Informé de la situation, le commandant de brigade de Gabian s’est rendu sur place. En présence des forces de défense et de sécurité, le suspect aurait indiqué l’endroit où le corps de l’enfant avait été abandonné avant d’être transféré à Gabian dans le cadre de l’enquête judiciaire.
Alors que des éléments des forces de sécurité étaient déployés pour prévenir toute escalade, l’annonce de la découverte du corps de l’enfant a provoqué une vive émotion au sein de la communauté des éleveurs. Des groupes circulant à moto et à cheval auraient lancé des représailles contre des agriculteurs travaillant dans leurs champs, avant que les violences ne gagnent le village de Bekin.
Le bilan provisoire fait état de quatre morts, dont trois personnes tuées à l’arme blanche. L’une des victimes a été recensée dans le village voisin de Nguendoumou. Une autre personne, grièvement blessée, a été évacuée vers l’hôpital de Moïssala pour y recevoir des soins.
Les affrontements ont également causé d’importants dégâts matériels, tandis que plusieurs enfants seraient toujours portés disparus, selon les informations communiquées par des habitants de la localité.
À l’heure où nous mettons sous presse, les autorités administratives, militaires et sécuritaires poursuivent les investigations afin d’établir les responsabilités et de prévenir toute nouvelle flambée de violences. Cette tragédie rappelle une nouvelle fois la fragilité de la cohabitation entre éleveurs et agriculteurs dans plusieurs zones rurales du pays, où les différends locaux peuvent rapidement dégénérer en affrontements meurtriers.
Par Madjissembaye Djaïngué
Correspondant de Chagra Média à Koumra
