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Washington change de cap au Sahel : de l’aide au commerce minier

Après plusieurs années de tensions, marquées par l’arrêt de l’aide américaine au développement et par une coopération militaire réduite, les États-Unis adoptent une nouvelle stratégie au Sahel. Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, Washington mise moins sur l’aide publique et davantage sur les échanges commerciaux, en particulier dans le secteur minier au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Cette réorientation signifie la fin de la politique menée surtout par l’USAID. Le mot d’ordre est désormais clair : « du commerce, pas de l’aide », comme l’a résumé Troy Fitrell, haut responsable du Département d’État, lors d’une conférence à Abidjan.

Au centre de cette stratégie, se trouve l’accès des entreprises américaines aux ressources naturelles sahéliennes, surtout le lithium et l’or :

  • Le lithium, indispensable pour les batteries des voitures électriques et le stockage d’énergie, suscite une concurrence mondiale intense.
  • L’or reste une valeur sûre et représente une source essentielle de revenus pour les régimes sahéliens.

En échange de ce partenariat économique, Washington promet un appui renforcé contre le terrorisme, qui continue de ravager la région. Plusieurs responsables américains ont récemment multiplié les visites officielles. Début juillet, Rudolph Atallah, haut cadre de la Maison Blanche, a proposé au Mali une « solution américaine » face à l’insécurité, en mettant en avant l’expertise et les équipements militaires des États-Unis.

Depuis 2020, les coups d’État successifs au Mali, au Burkina Faso et au Niger avaient poussé Washington à réduire son implication, au nom de la défense de la démocratie. Mais la montée de la menace jihadiste, ainsi que la présence accrue de la Russie et de la Chine, obligent les Américains à revoir leur position et à adopter une approche plus pragmatique.

Pour les régimes militaires sahéliens, cette évolution est une opportunité : diversifier leurs alliances et obtenir un soutien militaire sans conditions politiques trop strictes.

Reste une question : cette diplomatie axée sur le commerce suffira-t-elle à rétablir la confiance entre Washington et les capitales sahéliennes ? Car sur le terrain, la réalité est sombre : malgré des années d’assistance militaire internationale, les violences jihadistes ne cessent de croître.

Entre les intérêts stratégiques américains et la recherche de stabilité des pays du Sahel, un équilibre fragile devra être trouvé.

La Rédaction

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