La polémique autour des allégations de monnayage des audiences présidentielles prend une nouvelle dimension politique et judiciaire. Après le démenti ferme opposé par le Cabinet civil de la Présidence de la République aux accusations formulées par le député Takilal Ndolassem, le sénateur Abderaman Koulamallah est monté au créneau, estimant que les déclarations du parlementaire relèvent du mensonge et qu’elles appellent désormais une réponse judiciaire.
Dans un message publié sur sa page officielle, le sénateur considère que le démenti du Cabinet civil met en cause la crédibilité des accusations portées par le député. Selon lui, les institutions de la République ne peuvent rester passives face à des affirmations aussi graves lorsqu’elles ne sont accompagnées d’aucun élément de preuve.
Pour Abderaman Koulamallah, la liberté de parole dont bénéficient les élus ne saurait être assimilée à un droit de formuler des accusations sans fondement. Il affirme qu’un parlementaire engage, à travers chacune de ses prises de position publiques, la réputation de l’institution qu’il représente. À ses yeux, un élu qui diffuse des informations qu’il qualifie de mensongères porte atteinte non seulement à sa propre crédibilité, mais également à celle de l’ensemble de la représentation nationale.
Le sénateur estime ainsi que le démenti officiel de la Présidence constitue un élément suffisant pour démontrer la gravité des propos du député Takilal Ndolassem. Il reproche à ce dernier de multiplier, depuis plusieurs années, des déclarations qu’il juge irresponsables et dépourvues de rigueur.
Au-delà de la controverse politique, Abderaman Koulamallah appelle à une intervention de la justice. Selon lui, l’annonce par le Cabinet civil de son intention de se réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires ne suffit plus. Il plaide pour une action immédiate des autorités judiciaires.
Le sénateur va jusqu’à estimer que le procureur de la République aurait dû se saisir d’office de cette affaire, compte tenu de la nature des accusations évoquant de supposés faits de corruption au sommet de l’État. À ses yeux, une telle affaire dépasse le simple affrontement politique et relève de la défense de l’autorité des institutions ainsi que de la préservation de la confiance des citoyens envers l’État de droit.
Cette sortie renforce la pression autour du dossier et ouvre la voie à une possible judiciarisation de l’affaire. Alors que le Cabinet civil a catégoriquement rejeté les accusations visant la Présidence et annoncé qu’il se réservait le droit d’engager des poursuites, les propos du sénateur Abderaman Koulamallah relancent le débat sur la responsabilité des élus dans leurs déclarations publiques et sur le rôle de la justice face à des accusations portant sur de présumés faits de corruption.
MBAÏLEDE Trésor



Laisser un commentaire