Moroni, la capitale des Comores, bruisse ces jours-ci d’une effervescence inhabituelle. Dans une salle comble où se croisent accents, expertises et préoccupations venues de tout le continent, un même enjeu fédère : comment armer les citoyens africains face aux dérives du numérique ?
La Haute Autorité des Médias Audiovisuels (HAMA), présente en délégation, participe activement à ce rendez-vous international majeur où la citoyenneté numérique s’impose comme thème cardinal.
L’ouverture officielle a été présidée par Azali Assoumani, qui a donné le ton d’un colloque ambitieux, consacré à un chantier devenu incontournable : l’Éducation aux Médias, à l’Information et à la Citoyenneté numérique (EMICn). À l’heure où la circulation massive de contenus en ligne façonne les opinions et transforme les comportements, cette réflexion collective s’impose comme une urgence.
L’événement est piloté par le Conseil National de la Presse et de l’Audiovisuel (CNPA), inscrit dans la dynamique de la feuille de route 2024-2026 du RIARC. Objectif affiché : bâtir une stratégie continentale pour armer les citoyens face aux dérives numériques et renforcer les régulations à l’échelle régionale.
Autour des tables rondes, une mosaïque de représentants institutionnels venus de tout le continent apporte son expertise. Participent notamment des délégations du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la République centrafricaine, des Comores, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad. À leurs côtés, les organisations internationales telles que l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’UNESCO apportent une expertise mondiale et des perspectives comparatives essentielles.
Dans un paysage numérique marqué à la fois par les promesses et les périls, cette rencontre s’apparente à un laboratoire d’idées. Ici, chercheurs, décideurs et régulateurs imaginent une nouvelle grammaire de la citoyenneté numérique, fondée sur l’esprit critique, la vigilance informationnelle et la responsabilité collective.
Le message est clair : la régulation du numérique ne peut plus se limiter aux textes et aux sanctions. Elle doit désormais s’appuyer sur l’éducation, la prévention et la construction d’un écosystème où chaque internaute devient un acteur éclairé. Aux Comores, le RIARC semble avoir trouvé un terrain fertile pour tracer cette voie.
La Rédaction



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