Batha : à Ati, Mahamat Assileck Halata évalue les défis de l’aménagement urbain et de la gestion foncière
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Batha : à Ati, Mahamat Assileck Halata évalue les défis de l’aménagement urbain et de la gestion foncière

La tournée du ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, dans la province du Batha s’est achevée à Ati. Pour cette cinquième et dernière étape, le ministre a échangé avec les responsables de la délégation provinciale du MATUH autour des réalisations, des contraintes opérationnelles et des priorités à engager pour renforcer la gestion urbaine et foncière.

À Ati, chef-lieu de la province du Batha, la dernière séquence de la tournée ministérielle a été consacrée au fonctionnement des services déconcentrés du Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat. Une séance de travail qui a permis de confronter les orientations nationales aux réalités rencontrées quotidiennement sur le terrain.

Au cours de la rencontre, le délégué provincial du MATUH, Mahamat Abakora Adachoche, assisté du chef de service du cadastre, Mahamat Allamine Nadjo, a présenté le bilan des activités conduites dans la province. Les échanges ont notamment porté sur les opérations d’urbanisation, la gestion des réserves foncières ainsi que les difficultés qui freinent encore l’action des équipes techniques.

La délégation provinciale joue un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme et d’habitat. Elle assure la coordination et le suivi des services déconcentrés du ministère, tout en veillant à l’application des orientations des autorités nationales et provinciales.

Sur le terrain, plusieurs opérations ont déjà été engagées. Des plans d’urbanisation sont disponibles pour Ati, Oum-Hadjer et Haraz Djombo, tandis que les levés topographiques réalisés à Assinet et Ouadi Rimé doivent permettre de poursuivre l’élaboration de nouveaux documents d’urbanisme.

Ces réalisations témoignent de l’activité des services techniques, mais leur portée demeure affectée par un déficit de moyens. L’absence de véhicules de service et de moyens roulants, le manque d’équipements topographiques et informatiques, l’insuffisance de matériel de bureau et le déficit en personnel figurent parmi les principales contraintes exposées au ministre.

À ces difficultés s’ajoutent des problématiques foncières persistantes, notamment les contestations relatives à d’anciennes attributions de terrains et aux réserves foncières. Les conditions matérielles de travail constituent également une préoccupation : les locaux de la délégation ne sont pas clôturés, exposant les équipements et les documents administratifs à différents risques.

La gestion des réserves foncières apparaît comme l’un des principaux enjeux de la province. Les données présentées lors de la réunion font état de 129 réserves foncières, dont 86 affectées et 43 non affectées.

Dans le détail, Ati compte 43 réserves affectées et 19 non affectées, tandis qu’Oum-Hadjer dispose de 20 réserves affectées et 19 non affectées. À Haraz Djombo, 23 réserves sont affectées contre 5 non affectées.

Ces chiffres illustrent l’importance du patrimoine foncier à gérer et, surtout, la nécessité de disposer d’outils techniques et administratifs suffisamment solides pour prévenir les conflits, sécuriser les attributions et accompagner l’expansion des centres urbains.

Face à ces contraintes, la délégation provinciale a formulé plusieurs recommandations. Elle demande notamment le renforcement de ses capacités logistiques à travers l’acquisition de véhicules et de motocyclettes, ainsi qu’un approvisionnement régulier en crédits de fonctionnement.

L’acquisition de matériels topographiques, informatiques et bureautiques figure également parmi les priorités, tout comme le renforcement des effectifs. La clôture des locaux, avec l’appui conjoint du ministère et des autorités provinciales, est enfin présentée comme une mesure nécessaire à la sécurisation des équipements et des archives.

Cette ultime étape de la tournée dans le Batha aura ainsi permis au ministre Mahamat Assileck Halata de mesurer directement les réalités auxquelles sont confrontés les services techniques de son département.

Au-delà du bilan administratif, la rencontre met en lumière un défi majeur : accompagner la croissance des villes du Batha par une meilleure planification urbaine et une gestion foncière plus structurée.

Pour Ati comme pour Oum-Hadjer, Haraz Djombo, Assinet ou Ouadi Rimé, l’enjeu est désormais de transformer les études et les plans d’urbanisation en instruments opérationnels capables d’encadrer durablement le développement des agglomérations.

La tournée ministérielle s’achève donc sur une feuille de route marquée par un impératif : donner aux services déconcentrés les moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour faire de l’aménagement du territoire un véritable levier de développement provincial.

MBAÏLEDE Trésor

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