Réuni le 29 janvier 2026 à Ouagadougou sous la présidence du chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Conseil des ministres burkinabè a franchi un tournant historique : la dissolution pure et simple de tous les partis et formations politiques. Une décision présentée comme indispensable pour « préserver l’unité nationale » et refonder la gouvernance publique.
Le décret adopté transfère l’ensemble des actifs des partis dissous à l’État et s’accompagne de l’élaboration d’un projet de loi visant à abroger les textes régissant leur fonctionnement et leur financement. Ces dispositions seront soumises « dès que possible » à l’Assemblée législative de transition, a indiqué le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo.
Selon le gouvernement, une analyse approfondie du système partisan a mis en évidence « de nombreuses dérives », notamment une prolifération de partis accusés de fragmenter la société et de saper la cohérence de l’action publique. La mesure, affirme l’exécutif, vise à ouvrir la voie à une réforme globale du modèle de gouvernance politique.
Cette décision survient alors que le pays vit sous régime militaire depuis le coup d’État de septembre 2022. Dans un contexte de crise sécuritaire persistante et d’élections maintes fois reportées, la fin officielle du pluralisme partisan marque une nouvelle étape dans la consolidation du pouvoir par la junte.
Parallèlement à cette annonce, le Conseil des ministres a validé le « Plan RELANCE », un nouveau référentiel national de développement estimé à 36 000 milliards FCFA pour la période 2026-2030.
Articulé autour de trois priorités notamment la sécurité, la gouvernance et la transformation structurelle de l’économie, ce plan se veut le moteur d’un Burkina Faso « résilient, souverain et économiquement réinventé ». Il ambitionne de moderniser l’appareil productif, renforcer les capacités de défense et restaurer la confiance dans l’administration publique.
Avec ces décisions, les autorités burkinabè tracent un cap assumé : centraliser davantage le pouvoir pour mener une refonte politique et économique en profondeur, dans un pays confronté à une insécurité chronique et à une transition prolongée.
La Rédaction



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