Centrafrique : François Bozizé face à la justice, un procès historique s’ouvre à Bangui
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Centrafrique : François Bozizé face à la justice, un procès historique s’ouvre à Bangui

Une nouvelle page de la lutte contre l’impunité s’écrit en République centrafricaine. La Cour pénale spéciale (CPS) a lancé ce mardi le procès par contumace de l’ancien président François Bozizé, poursuivi pour des crimes contre l’humanité présumés commis durant son règne entre 2009 et 2013.

Âgé de 79 ans et installé en Guinée-Bissau depuis son départ du pays en 2023, l’ex-chef de l’État est accusé d’avoir porté la responsabilité de graves exactions perpétrées dans des centres de détention et un camp militaire situés à une centaine de kilomètres de Bangui. Les poursuites concernent notamment des assassinats, actes de torture, disparitions forcées, violences sexuelles et autres traitements inhumains attribués à des éléments de sa garde rapprochée et des forces de sécurité.

Trois anciens responsables militaires comparaissent également dans cette affaire : Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy. Tous sont actuellement détenus en République centrafricaine.

Pour les magistrats de la CPS, les éléments réunis au cours de l’enquête sont suffisamment solides pour engager la responsabilité pénale de François Bozizé en tant qu’autorité militaire suprême et supérieur hiérarchique des forces mises en cause. Cette procédure intervient deux ans après sa condamnation à la prison à perpétuité pour complot et rébellion en lien avec la Coalition des patriotes pour le changement (CPC).

Arrivé au pouvoir en 2003 à la faveur d’un coup d’État, François Bozizé a dirigé le pays pendant une décennie marquée par les crises sécuritaires et les rébellions armées. Renversé en 2013 par la coalition Séléka, il a ensuite été associé à plusieurs mouvements armés opposés au pouvoir de Bangui.

L’ouverture de ce procès constitue une étape majeure pour la Cour pénale spéciale, juridiction hybride soutenue par les Nations unies et créée en 2015 pour juger les violations graves des droits humains commises sur le territoire centrafricain depuis 2003. Il s’agit du sixième procès organisé par cette institution, qui cherche à répondre aux attentes de milliers de victimes des conflits ayant secoué le pays.

Au-delà du cas Bozizé, cette audience est perçue comme un test décisif pour la crédibilité de la justice centrafricaine et pour la reconnaissance des souffrances endurées par les populations civiles durant les années de violence.

La Rédaction

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