Climat et biodiversité : le Tchad et le Royaume-Uni veulent passer à une coopération plus ambitieuse
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Climat et biodiversité : le Tchad et le Royaume-Uni veulent passer à une coopération plus ambitieuse

En marge de la COP17 en Mongolie, N’Djamena et Londres affichent leur volonté de consolider leur partenariat environnemental, avec un accent particulier sur les financements climatiques, la restauration des terres et la protection de la biodiversité.

Le partenariat entre le Tchad et le Royaume-Uni prend une nouvelle dimension sur le front environnemental. En marge des travaux de la COP17, organisée en Mongolie, le ministre tchadien de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a rencontré la Représentante britannique pour la Nature afin d’examiner de nouvelles pistes de collaboration face aux défis climatiques et écologiques.

Au cœur des discussions : l’accès aux financements climatiques, la réhabilitation des terres dégradées, le renforcement de la résilience des communautés et la sauvegarde des écosystèmes. Des enjeux particulièrement stratégiques pour un pays confronté à une pression croissante sur ses ressources naturelles et à l’avancée de la désertification.

Au cours de l’entretien, le ministre tchadien a salué l’accompagnement du Royaume-Uni en faveur des initiatives nationales liées à la restauration des terres et à l’adaptation au changement climatique. Hassan Bakhit Djamous a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer l’efficacité des programmes financés par les partenaires internationaux.

Pour le gouvernement tchadien, l’enjeu est désormais de garantir une meilleure adéquation entre les financements mobilisés, les priorités nationales et les résultats attendus sur le terrain.

La mobilisation des ressources internationales a ainsi occupé une place majeure dans les échanges. Le ministre a plaidé pour un accès plus direct du Tchad aux mécanismes mondiaux de financement climatique. Dans cette optique, il a sollicité l’appui britannique au processus d’accréditation du ministère chargé des Finances auprès des mécanismes internationaux dédiés au climat.

Une démarche à laquelle Londres s’est dit disposé à apporter son soutien.

Autre priorité évoquée : la valorisation des ressources déjà attribuées au Tchad par le Fonds vert pour le climat. Les autorités tchadiennes entendent élaborer prochainement un plan d’investissement destiné à faciliter leur mobilisation et leur utilisation.

Ce document devra, selon le ministre, être conçu en cohérence avec les orientations gouvernementales et les besoins prioritaires du pays. L’objectif affiché est de transformer les ressources disponibles en projets concrets et à fort impact pour les populations.

La protection de la biodiversité a également été au centre des échanges. Le Tchad travaille à la mise en place d’un portefeuille de projets consacrés à la conservation des ressources naturelles.

La partie britannique a encouragé le développement d’approches intégrées associant lutte contre les effets du changement climatique et préservation de la biodiversité. Une stratégie qui pourrait permettre au Tchad de diversifier ses possibilités d’accès aux financements internationaux, en s’appuyant sur les convergences entre adaptation climatique et protection des écosystèmes.

Le ministre a également présenté le projet POLOWNIA, destiné notamment à lutter contre la progression du désert dans la province du Kanem et à restaurer les terres fortement dégradées.

Pour donner à cette initiative une ampleur à la hauteur des besoins, Hassan Bakhit Djamous a souligné la nécessité de rechercher des financements supplémentaires. Parmi les pistes envisagées figure le recours au mécanisme du crédit carbone.

Ce dispositif, déjà consacré par la Loi n°023, pourrait constituer une nouvelle source de financement pour les projets environnementaux. Son mécanisme opérationnel est actuellement en cours de définition.

Au-delà des déclarations de principe, la rencontre entre les responsables tchadien et britannique traduit une volonté commune de donner davantage de substance à leur coopération environnementale.

Financement climatique, restauration des terres, résilience des populations, biodiversité et mobilisation du secteur carbone constituent désormais les principaux axes d’un partenariat appelé à se renforcer.

Pour N’Djamena, le défi consiste à convertir les engagements internationaux en ressources effectivement mobilisées et en réalisations visibles sur le terrain. Une ambition qui place la coopération avec le Royaume-Uni parmi les leviers susceptibles d’accompagner le Tchad dans sa réponse aux bouleversements climatiques et à la dégradation de ses écosystèmes.

MBAÏLEDE Trésor

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