Au Tchad, la sécheresse n’est plus seulement un phénomène climatique récurrent. Elle s’impose désormais comme un enjeu majeur pour la préservation des terres, la sécurité hydrique et l’avenir des communautés rurales. À la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, le pays entend faire entendre sa voix en faveur d’une réponse durable et mieux financée face à la dégradation des écosystèmes.
Intervenant lors d’un panel de haut niveau consacré à la sécheresse hydrique, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a réaffirmé la volonté du Tchad de renforcer la capacité de ses populations à faire face aux effets conjugués de la sécheresse et du changement climatique.
Pour le gouvernement tchadien, l’adaptation au changement climatique ne peut plus se limiter à des réponses d’urgence lorsque survient une crise. Elle doit désormais s’inscrire dans une politique de long terme articulée autour de trois priorités : garantir l’accès à l’eau, restaurer les terres dégradées et protéger les moyens d’existence des populations.
Cette orientation trouve notamment sa traduction dans le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », ainsi que dans le Projet d’Appui à la Sécurité de l’Eau et à la Résilience au Tchad (PASER). L’objectif est de renforcer la capacité des territoires à absorber les chocs climatiques tout en préservant les ressources naturelles indispensables aux activités agricoles et pastorales.
Face à l’aggravation des épisodes de sécheresse, le Tchad plaide également pour un changement d’approche au niveau international. Le ministre a appelé à un accroissement des financements climatiques et des ressources concessionnelles destinées aux pays les plus vulnérables.
Au-delà des financements, N’Djamena mise sur le développement de systèmes d’alerte précoce plus performants, capables d’anticiper les périodes de déficit hydrique et de permettre aux communautés de mieux se préparer. Le pays défend également une approche intégrée associant gestion de l’eau, agriculture, élevage, restauration des terres et protection des écosystèmes.
Cette vision vise à rompre avec une logique essentiellement réactive : intervenir lorsque les récoltes sont déjà compromises, que les pâturages se raréfient ou que les ressources en eau deviennent insuffisantes.
Au Tchad, la lutte contre la désertification apparaît ainsi indissociable de la protection des populations. La restauration des terres dégradées, la préservation des ressources en eau et la régénération des écosystèmes constituent autant de leviers pour réduire la vulnérabilité des territoires.
L’enjeu est particulièrement stratégique pour les communautés dont les moyens de subsistance dépendent directement de l’agriculture, de l’élevage et des ressources naturelles. Préserver les sols et l’eau revient donc aussi à préserver les revenus, la sécurité alimentaire et la stabilité des territoires.
À Oulan-Bator, le message porté par le Tchad se veut clair : la sécheresse doit cesser d’être considérée comme une succession de crises ponctuelles pour être traitée comme un défi structurel de développement. Une telle évolution suppose des investissements durables, une meilleure anticipation des risques et une solidarité financière renforcée en faveur des pays les plus exposés.
Pour le Tchad, l’action climatique ne se résume donc plus à réparer les dégâts. Elle consiste désormais à prévenir, restaurer et renforcer durablement la résilience des territoires face à un climat de plus en plus contraignant.
MBAÏLEDE Trésor



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