La tension monte au sein du corps enseignant tchadien. Réunis ce jeudi à N’Djamena, les responsables syndicaux ont fustigé avec vigueur la récente communication du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Promotion Civique, accusé d’avoir annoncé le paiement différé du salaire de février… amputé de jours dits « non prestés ».
Une décision jugée « arbitraire, injuste et profondément méprisante » par la Section Provinciale du SET.
Face à la presse, les responsables syndicaux ont rappelé des fondamentaux : « Nul n’a le droit de confisquer le salaire de ceux qui forment l’avenir de la nation », ont-ils martelé, évoquant une violation grave des droits humains et des engagements internationaux ratifiés par le Tchad.
Ils soulignent également que le ministère n’est qu’un « utilisateur » de personnel et non l’employeur légitime, accusant l’institution d’un « excès de pouvoir » inédit.
Les enseignants dénoncent une application sélective de la loi 032, qu’ils estiment réservée au seul secteur éducatif. Selon eux, aucune mesure similaire n’a été évoquée lors des grèves dans la santé, la justice ou l’élevage.
Le syndicat réfute aussi l’affirmation selon laquelle l’enseignant tchadien serait le mieux rémunéré d’Afrique centrale, rappelant que les salaires des pays voisins, notamment au Cameroun, restent nettement plus stables et que la cherté de la vie à N’Djamena aggrave une précarité déjà profonde.
Dans une déclaration solennelle, la section provinciale du SET place désormais son destin entre les mains du Chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno, sollicitant son implication « personnelle » pour désamorcer une crise jugée artificiellement créée par le ministère.
Les syndicats appellent également à la vigilance du Médiateur de la République et exhortent le gouvernement à accélérer les travaux de la commission interministérielle.
La déclaration rend hommage aux enseignants de N’Djamena, qui continuent d’assurer les cours malgré un mois de février non payé, dans un contexte de ramadan et de carême qui rend l’épreuve encore plus douloureuse.
« Votre dignité n’est pas négociable. Votre sens du sacrifice honore la nation », a souligné le porte-parole.
Les syndicats exigent :
- Le paiement immédiat et intégral des salaires de février ;
- La finalisation rapide d’un protocole d’accord pour améliorer durablement les conditions de vie et de travail des enseignants.
« Nous resterons ouverts au dialogue, mais fermes sur nos droits. Nous ne céderons ni à la provocation ni à l’intimidation », concluent les responsables syndicaux.
Une crise qui, si elle perdure, pourrait fragiliser davantage une école tchadienne déjà éprouvée, et placer le pouvoir exécutif face à une responsabilité majeure.
La Rédaction



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