Il y a tout juste deux ans, Mahamat Idriss Déby Itno était élu président de la République du Tchad, après une élection présidentielle très attendue et souvent scrutée au-delà des frontières nationales. Avec 61 % des suffrages, il remportait un scrutin qualifié par ses partisans de victoire de la stabilité, et par ses détracteurs de marche lente vers une démocratie pleinement inclusive. En 2026, à mi-parcours de son quinquennat, le bilan est à la fois salué et contesté, reflet d’un pays pris entre défis quotidiens et enjeux géopolitiques majeurs.
Sur la scène internationale, le nom du président Mahamat Idriss Déby Itno est associé à un Tchad retrouvant une place centrale dans les équilibres du Sahel. Sa victoire électorale, reconnue par plusieurs observateurs étrangers, a marqué l’issue d’une transition politique amorcée en 2021. Ce processus lui a valu, début 2026, d’être distingué par le Prix africain pour la paix, une distinction qui salue sa contribution à la consolidation institutionnelle dans une région où les transitions restent souvent fragiles.
Le Tchad s’est également affirmé comme un acteur indispensable dans la gestion des crises régionales. Face à l’afflux massif de réfugiés fuyant le conflit soudanais, N’Djamena a fait preuve d’une solidarité qui a renforcé son rôle stratégique auprès des partenaires internationaux et des organisations humanitaires.
À l’échelle nationale, cependant, la vie quotidienne de nombreux Tchadiens reste marquée par des difficultés tangibles. À N’Djamena comme dans plusieurs provinces, la population continue de faire face à une crise énergétique persistante, marquée par des coupures d’électricité répétées, et à une hausse vertigineuse du coût de la vie.
Le gouvernement, confronté à ces défis, a annoncé une série de réformes visant à attirer des investisseurs privés dans le secteur énergétique, dans l’espoir de résorber une fois pour toutes les pénuries qui pèsent sur l’industrie, les services et les ménages. Jusqu’à présent, toutefois, ces mesures montrent des résultats mitigés, entre promesses et déploiements encore progressifs sur le terrain.
Sur le plan socio-économique, les attentes restent élevées. Le Plan national de développement (PND 2030), pilier de la vision gouvernementale, a permis l’inauguration de plusieurs projets d’infrastructure, salués par certains comme de véritables outils de transformation. Mais pour d’autres, le rythme est trop lent, et les retombées trop limitées dans les zones rurales et parmi les populations les plus vulnérables.
Les efforts de l’exécutif en matière de gouvernance notamment la lutte contre la corruption et la modernisation de l’administration ont été mis en avant comme des axes prioritaires. Mais malgré ces annonces, les critiques perdurent, particulièrement autour du partage des richesses nationales et de l’accès équitable aux services publics essentiels. Une partie de la société civile appelle à davantage de transparence et à une implication accrue des citoyens dans les décisions qui les concernent.
Alors que le président Mahamat Idriss Déby Itno arrive à la mi-mandat, l’accent est désormais mis sur la décentralisation. Le gouvernement a annoncé une série de mesures destinées à confier davantage de pouvoirs et de ressources aux autorités provinciales, dans l’espoir d’une gouvernance plus réactive et mieux adaptée aux réalités locales.
Le recrutement local dans la fonction publique et l’amélioration de l’accès aux services de base figurent également au cœur des promesses pour les années à venir.
Deux ans après l’élection présidentielle de mai 2024, le bilan du président Mahamat Idriss Déby Itno est résolument contrasté. Loué sur la scène internationale pour sa gestion de la transition politique et son rôle stabilisateur dans une région instable, il est toutefois confronté à des attentes croissantes sur le plan social et économique.
Pour beaucoup de Tchadiens, la promesse d’un quotidien plus prospère reste un chantier en cours. Si certaines réformes promettent un changement durable, la population attend surtout des effets palpables dans sa vie de tous les jours : une énergie stable, un pouvoir d’achat renforcé, et une justice sociale tangible.
MBAÏLEDE Trésor



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