Dans un secteur où la qualité de l’information conditionne directement la pertinence des décisions publiques, le Tchad entend renforcer sa capacité à produire et exploiter des données énergétiques fiables. Le pays a participé, aux côtés des autres États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), à la réunion ministérielle consacrée au Système d’information énergétique de la CEMAC (SIE-CEMAC), tenue à Libreville, au Gabon.
Représentant le ministre de l’Eau et de l’Énergie, le Dr Ali Orozi, Secrétaire général adjoint du département, a conduit la délégation tchadienne. Celle-ci était également composée de cadres techniques du ministère et d’un représentant de l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED).
Au cœur des discussions : la nécessité de disposer d’une information énergétique fiable, harmonisée et comparable à l’échelle de la sous-région.
Les États membres ont ainsi travaillé sur l’harmonisation des mécanismes de collecte, de traitement, de validation et de partage des données. Une démarche qui vise à réduire les écarts méthodologiques entre les pays et à construire une lecture commune de la situation énergétique en Afrique centrale.
Derrière cet exercice technique se joue un enjeu majeur : mieux connaître les capacités de production, les besoins des populations, les infrastructures existantes et les perspectives de développement du secteur.
Pour le Tchad, cette question revêt une importance particulière alors que le pays poursuit ses efforts en matière d’électrification, de développement des énergies renouvelables, d’extension des réseaux et d’amélioration de l’accès à l’électricité, notamment en milieu rural.
Le SIE-CEMAC est appelé à devenir un instrument d’aide à la décision pour les gouvernements et les acteurs du secteur. Des statistiques énergétiques régulièrement actualisées doivent permettre d’anticiper les besoins, d’orienter les investissements et de mieux planifier les infrastructures de production, de transport et de distribution.
L’enjeu dépasse donc la seule production de statistiques. Une donnée énergétique fiable peut contribuer à identifier les déficits, mesurer les capacités disponibles et accompagner la préparation de nouveaux projets.
Dans cette perspective, la consolidation du système régional pourrait également faciliter, à terme, le développement des échanges d’électricité entre les États membres et soutenir une meilleure intégration des marchés énergétiques de l’Afrique centrale.
Pour N’Djamena, l’implication dans cette initiative régionale intervient dans un contexte où la question de l’accès à une énergie fiable et abordable demeure au cœur des enjeux de développement.
La disponibilité de données précises doit notamment permettre de mieux cibler les besoins en électrification, d’identifier les zones prioritaires, de suivre l’évolution des capacités énergétiques et d’évaluer l’impact des politiques publiques mises en œuvre.
La participation du Tchad à la rencontre de Libreville traduit ainsi une volonté de renforcer la coopération régionale tout en améliorant les outils nationaux de pilotage du secteur.
À travers le SIE-CEMAC, les États d’Afrique centrale cherchent progressivement à parler le même langage énergétique : des données communes pour mieux comprendre les défis, coordonner les réponses et préparer les infrastructures de demain.
Pour le Tchad, l’enjeu est désormais de transformer cette dynamique régionale en un levier concret au service de l’électrification, de l’investissement et d’un accès plus large à une énergie durable.
MBAÏLEDE Trésor



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