Environnement : Hassan Bakhit Djamous dresse le bilan de la 54e Semaine Nationale de l’Arbre et appelle à une gouvernance écologique durable
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Environnement : Hassan Bakhit Djamous dresse le bilan de la 54e Semaine Nationale de l’Arbre et appelle à une gouvernance écologique durable

Au-delà des milliers de jeunes plants mis en terre, la 54e édition de la Semaine Nationale de l’Arbre aura surtout démontré qu’au Tchad, la lutte contre la désertification et les changements climatiques est en train de devenir une priorité nationale portée au plus haut sommet de l’État. C’est le principal enseignement du point de presse animé ce mardi par le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, consacré à la restitution officielle de cette vaste campagne de reboisement organisée du 20 au 26 juillet dernier.

Placée sous le thème « Un Tchad vert, un avenir durable », cette 54e édition s’est distinguée par une mobilisation sans précédent des institutions publiques, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile, des partenaires techniques, des établissements scolaires ainsi que des populations des vingt-trois provinces du pays. Pour le ministre, cette dynamique marque une rupture avec les éditions précédentes : la protection de l’environnement ne relève plus exclusivement de son département ministériel, mais devient désormais une responsabilité collective.

Devant les professionnels des médias, Hassan Bakhit Djamous a insisté sur le caractère exceptionnel de cette campagne qui, selon lui, restera comme un tournant majeur dans l’histoire environnementale du pays.

L’impulsion politique donnée par le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a constitué l’un des principaux leviers de cette réussite. En lançant symboliquement la campagne par la plantation d’un oranger au Palais Toumaï, le Chef de l’État a réaffirmé son ambition de voir le Tchad planter dix millions d’arbres en cinq ans, tout en plaçant la protection de l’environnement au cœur de l’action publique.

Cette volonté présidentielle s’est traduite sur le terrain par une mobilisation généralisée des administrations publiques, des autorités provinciales, des forces de défense et de sécurité, des chefs traditionnels et religieux, des femmes, des jeunes ainsi que des opérateurs économiques autour d’un objectif commun : restaurer les écosystèmes dégradés et renforcer la résilience du pays face aux effets du changement climatique.

Le choix d’Arada, dans la province du Wadi Fira, comme épicentre de cette édition n’est pas anodin. Cette localité figure parmi les zones les plus exposées à l’avancée du désert, à la dégradation des terres et à la raréfaction des ressources naturelles.

Sur un site de quinze hectares entièrement aménagé, doté d’un forage, d’un système d’alimentation solaire et d’un dispositif d’irrigation, 6 000 plants ont été mis en terre. Pour le ministère, cette réalisation illustre la volonté de privilégier des projets de reboisement durables plutôt que des plantations symboliques sans suivi.

Dans le reste du pays, la dynamique est également perceptible. Les premières données provisoires font état de 15 092 arbres plantés à N’Djamena, 12 540 dans la province du Lac et 1 000 à Mongo, dans le Guéra. Le bilan national définitif demeure en cours de consolidation, mais ces premiers chiffres traduisent déjà une forte adhésion populaire à cette campagne nationale.

Si les résultats enregistrés sont encourageants, le ministre a rappelé que le véritable défi commence après les cérémonies officielles.

Selon lui, le succès d’une politique de reboisement ne se mesure pas au nombre de plants distribués ou mis en terre, mais à leur capacité à survivre, à grandir et à restaurer durablement les paysages. C’est pourquoi le gouvernement entend désormais placer l’entretien des plantations au cœur de sa stratégie environnementale.

Chaque institution, chaque collectivité territoriale, chaque établissement scolaire ou organisation ayant participé à la campagne sera appelée à assurer le suivi des arbres plantés, notamment par l’arrosage régulier, la protection contre les feux de brousse, les animaux en divagation et toutes les menaces susceptibles de compromettre leur croissance.

Au-delà des opérations de reboisement, le ministère veut inscrire la protection de l’environnement dans les comportements quotidiens des citoyens.

Pour Hassan Bakhit Djamous, préserver un arbre revient à protéger les ressources en eau, maintenir la fertilité des sols, sauvegarder la biodiversité, soutenir les activités agricoles et pastorales et créer de nouvelles opportunités économiques pour les communautés rurales.

Dans cette perspective, plusieurs axes d’action ont été annoncés : poursuivre la mobilisation nationale tout au long de l’année, renforcer les mécanismes de suivi des plantations, intensifier l’éducation environnementale auprès des populations et engager une évaluation approfondie des politiques de reboisement menées depuis plus d’un demi-siècle afin d’améliorer leur efficacité.

Le ministre a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs ayant contribué au succès de cette édition, des institutions républicaines aux partenaires techniques, en passant par les ONG, les médias et les populations des vingt-trois provinces.

À ses yeux, cette mobilisation démontre que la transition écologique est désormais un enjeu stratégique pour le développement du Tchad. Face à l’accélération des changements climatiques, la restauration des terres, la préservation des ressources naturelles et la lutte contre la désertification ne constituent plus seulement des préoccupations environnementales, mais des impératifs de sécurité alimentaire, de stabilité économique et de souveraineté nationale.

En clôturant son intervention, Hassan Bakhit Djamous a repris la formule du Président de la République, devenue le fil conducteur de cette nouvelle vision environnementale : « Planter est un devoir, entretenir est une responsabilité, détruire est un crime. »

Un message qui résume à lui seul l’ambition des autorités : transformer chaque arbre planté aujourd’hui en un patrimoine écologique durable pour les générations futures.

MBAÏLEDE Trésor

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