La restauration des terres et la résilience des populations sahéliennes se retrouvent au cœur d’une nouvelle mobilisation régionale. Les acteurs de la Grande Muraille Verte se sont réunis les 17 et 18 septembre 2026 à Ouagadougou, au Burkina Faso, pour examiner et enrichir six livrables stratégiques destinés à renforcer la mobilisation des financements en faveur de cet ambitieux programme environnemental panafricain.
Durant deux jours, représentants institutionnels, experts et points focaux des pays membres de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV) ont travaillé autour d’un enjeu devenu déterminant : transformer les ambitions affichées pour le Sahel en investissements capables de produire des résultats durables sur le terrain.
Face à la dégradation des sols, à la désertification et aux effets croissants des changements climatiques, les pays sahéliens cherchent à accélérer la restauration des terres et à renforcer les capacités d’adaptation des communautés. Dans ce contexte, la mobilisation de ressources financières apparaît comme l’une des conditions essentielles à la réussite des initiatives engagées dans le cadre de la Grande Muraille Verte.
L’atelier de Ouagadougou vise ainsi à consolider six livrables stratégiques appelés à servir de leviers pour mieux structurer et présenter les besoins de financement de la région. L’objectif est notamment de favoriser une meilleure coordination des acteurs et de créer des conditions plus favorables à l’intervention des partenaires techniques et financiers.
Cette rencontre intervient dans le prolongement de l’atelier consacré à la gestion durable des terres, organisé les 15 et 16 septembre 2026. L’enchaînement des deux rencontres traduit la volonté des acteurs de la Grande Muraille de lier les enjeux techniques de restauration des terres aux mécanismes nécessaires à leur financement.
La rencontre a réuni plusieurs responsables et partenaires majeurs de l’initiative. Étaient notamment présents le Représentant du ministre de la Sécurité du Burkina Faso, le Secrétaire exécutif du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), le Secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, ainsi qu’un représentant de la Banque africaine de développement (BAD).
À leurs côtés, les experts et points focaux des différents pays membres de l’APGMV ont apporté leur expertise aux travaux, avec pour ambition de renforcer la cohérence des actions et d’améliorer les perspectives de financement des programmes de restauration des terres.
La présence de la Banque africaine de développement souligne également l’importance accordée aux mécanismes financiers susceptibles d’accompagner les pays dans leurs efforts de lutte contre la dégradation des écosystèmes et de renforcement de la résilience.
Le Tchad prend part à cette réflexion stratégique à travers le Directeur général de l’Agence nationale de la Grande Muraille Verte, M. Tahar Allatchi Galma.
Sa participation traduit l’implication du pays dans les mécanismes régionaux consacrés à la restauration des terres et à la lutte contre la désertification. Pour le Tchad, dont une partie importante du territoire est exposée aux contraintes climatiques et à la dégradation des terres, les enjeux portés par la Grande Muraille Verte revêtent une dimension particulièrement stratégique.
La participation tchadienne permet ainsi de porter les préoccupations nationales dans un cadre de concertation réunissant les principaux acteurs de l’initiative à l’échelle sahélienne et panafricaine.
Au-delà des discussions techniques, l’enjeu de cette rencontre est de parvenir à faire converger les stratégies, les besoins des pays et les opportunités de financement. La réussite de la Grande Muraille Verte repose en effet sur la capacité des États et de leurs partenaires à inscrire les actions de restauration des terres dans la durée.
L’atelier de Ouagadougou marque donc une nouvelle étape dans cette dynamique. En travaillant sur des outils destinés à faciliter la mobilisation des ressources, les acteurs de la Grande Muraille cherchent à donner davantage de moyens à une initiative qui se situe au croisement de plusieurs priorités : restauration des écosystèmes, adaptation climatique, sécurité alimentaire, résilience des communautés et développement durable.
Pour le Tchad comme pour les autres pays membres, le défi est désormais de consolider cette dynamique collective afin que les engagements financiers puissent se traduire par des actions concrètes dans les territoires les plus exposés à la dégradation des terres.
À Ouagadougou, la Grande Muraille Verte ne s’est donc pas seulement penchée sur des documents stratégiques. Elle a également poursuivi la construction d’une réponse régionale à l’un des défis majeurs du Sahel : restaurer les terres, renforcer les communautés et mobiliser les ressources nécessaires pour inscrire la résilience dans la durée.
MBAÏLEDE Trésor



Laisser un commentaire