Mangara : la gestion des déchets de Schlumberger soulève des interrogations à Guéni
Actualités Faits divers Nationale Société

Mangara : la gestion des déchets de Schlumberger soulève des interrogations à Guéni

Sur le site pétrolier de Mangara, dans le département de Guéni, la question de la gestion des déchets liés aux activités de Schlumberger suscite des interrogations au sein de la population locale. Au cœur des préoccupations : le devenir de certains déchets issus des opérations de la société et les conditions dans lesquelles leur traitement ou leur éventuelle valorisation est autorisé.

Selon des informations recueillies auprès de sources proches du dossier, Schlumberger ne permettrait pas que ces déchets soient récupérés par des associations, des particuliers ou d’autres tiers. La société invoquerait notamment des impératifs liés à la sécurité et au respect des normes environnementales.

Ces justifications mériteraient toutefois d’être clairement documentées. À ce stade, aucun document public consulté ne permet d’établir précisément la nature des déchets concernés, les procédures appliquées par Schlumberger ni les éventuelles autorisations encadrant leur traitement, leur stockage ou leur évacuation.

La question est d’autant plus sensible que la gestion des déchets pétroliers constitue un enjeu environnemental majeur au Tchad. Le contrat pétrolier relatif à PetroChad Mangara prévoit notamment l’existence d’un plan de gestion des déchets couvrant leur collecte, leur transport, leur stockage, leur tri et leur traitement.

Une source présentée comme proche du ministère en charge du Pétrole affirme, de son côté, que le blocage serait lié à la position de certains responsables de Schlumberger, qui s’opposeraient catégoriquement à toute récupération des déchets concernés.

Cette version, qui reste à corroborer par des documents ou des déclarations officielles, alimente les interrogations sur les rapports entre l’entreprise et les communautés riveraines du site de Mangara.

Le sujet n’est pas sans précédent dans la zone pétrolière tchadienne. Des incidents environnementaux ont déjà été rapportés à Mangara, notamment en juillet 2023, lorsqu’un déversement d’hydrocarbures avait conduit le ministère de l’Environnement à dépêcher une mission sur le terrain pour en rechercher les causes.

Des travaux universitaires consacrés à Mangara ont également souligné les enjeux liés à la gestion des effluents et des résidus issus de l’exploitation pétrolière.

Au-delà de la polémique, la question essentielle demeure celle de la transparence. Quels sont exactement les déchets concernés ? Quelle est leur classification ? Qui en assure la gestion ? Quelles règles encadrent leur récupération ou leur destruction ? Et surtout, les communautés locales disposent-elles d’informations suffisantes sur les procédures appliquées sur le site ?

Ces interrogations appellent des réponses précises de la part des différents acteurs concernés, notamment de Schlumberger et des autorités compétentes.

Pour éviter que les incompréhensions ne se transforment en conflit ouvert avec les populations de Guéni, une clarification officielle apparaît nécessaire. La publication des procédures de gestion applicables aux déchets concernés permettrait notamment de distinguer ce qui relève des impératifs de sécurité et de conformité environnementale de ce qui pourrait relever d’un simple différend entre acteurs.

À Mangara, le dossier reste donc ouvert. Les explications de Schlumberger et des autorités compétentes sont désormais attendues pour éclairer la population sur le véritable statut et le devenir de ces déchets.

Affaire à suivre.

La Rédaction

    Laisser un commentaire

    • Rating