Un nouveau chapitre s’ouvre dans l’organisation du commerce du bétail dans la capitale tchadienne. La Commune du 1er arrondissement de N’Djamena a présenté, ce vendredi 25 septembre 2026, le projet de construction d’un marché moderne de bétail, une infrastructure appelée à transformer les conditions de commercialisation, d’accueil et de prise en charge des animaux.
Porté par le maire du 1er arrondissement, Djamal Yaya Moussa, le projet se veut une réponse aux difficultés qui entourent encore les activités pastorales et commerciales dans des espaces souvent confrontés au manque d’aménagements, aux problèmes d’hygiène et aux conditions précaires d’abreuvement et d’alimentation.
Devant les opérateurs économiques, les responsables des services techniques, les commerçants et les acteurs du monde pastoral, le maire a défendu une vision : faire de ce futur complexe pastoral un espace organisé, fonctionnel et adapté aux réalités du commerce du bétail.
Le projet prévoit notamment 100 enclos de 300 m² chacun, soit des espaces de 15 mètres sur 25 mètres. Selon les capacités annoncées, chaque enclos pourra accueillir jusqu’à 200 ovins, 250 caprins ou 100 bovins.
À travers ces infrastructures, la commune entend donner davantage de structure aux opérations de vente et réduire les difficultés liées à la concentration des animaux dans des espaces inadaptés.
Le futur marché devrait également disposer de quais modernes d’embarquement et de débarquement, destinés à faciliter le chargement et le déchargement des animaux dans de meilleures conditions de sécurité et d’organisation.
Au-delà des infrastructures commerciales, le projet accorde une place importante au bien-être et à la santé du bétail.
Les autorités communales annoncent notamment la mise en place d’infrastructures d’abreuvement et d’alimentation, ainsi que d’un dispositif permettant de garantir l’accès à l’eau sur le site. Un château d’eau est notamment prévu afin de répondre aux besoins du marché.
Le complexe devrait également intégrer une pharmacie vétérinaire, destinée à renforcer la prise en charge sanitaire des animaux.
Pour le maire Djamal Yaya, l’enjeu dépasse ainsi le simple commerce. La santé animale constitue également une question économique et de santé publique, dans la mesure où un cheptel en bonne santé contribue directement aux revenus des éleveurs, des commerçants et des autres acteurs de la chaîne.
Autre volet annoncé : l’amélioration des conditions d’hygiène et d’assainissement.
Le futur marché devrait être équipé d’installations dédiées à la gestion des déchets et à l’assainissement, avec l’objectif de limiter les risques sanitaires et les nuisances pour les populations environnantes.
Cette dimension est présentée comme un élément essentiel du projet, alors que les espaces de commercialisation du bétail doivent composer avec la production quotidienne de déchets et les risques liés à l’insalubrité.
La commune entend ainsi faire du futur site un espace où activité économique, santé animale, santé publique et protection de l’environnement peuvent être prises en compte simultanément.
Une première pour le 1er arrondissement
Présenté comme le premier marché moderne de bétail du 1er arrondissement, le projet ambitionne de devenir un pôle structurant pour les activités liées à l’élevage et au commerce des animaux dans cette partie de N’Djamena.
Lors de la présentation, le maire a également tenu à rassurer les vendeurs de bétail présents. Il a assuré que les dispositions nécessaires seraient prises pour préserver les animaux et améliorer leurs conditions de séjour sur le site.
« Ce projet n’est pas une simple promesse, c’est une réponse structurée aux attentes légitimes de nos populations », a-t-il déclaré, appelant les éleveurs, commerçants et autres acteurs concernés à s’approprier l’initiative.
Au-delà de son caractère infrastructurel, la future plateforme pourrait contribuer à une meilleure organisation d’une activité qui occupe une place importante dans l’économie tchadienne.
En regroupant les différents services nécessaires au commerce du bétail — enclos, quais, eau, alimentation, soins vétérinaires et assainissement — la commune souhaite créer un environnement plus structuré pour les transactions.
Le projet est également présenté par les autorités locales comme une déclinaison, à l’échelle communale, des orientations nationales accordant une place importante au développement de l’élevage et du secteur pastoral.
Reste désormais l’étape de la concrétisation. Pour les acteurs présents à la présentation, l’enjeu sera de transformer les plans annoncés en une infrastructure effectivement opérationnelle, capable de répondre durablement aux besoins des éleveurs, commerçants et populations.
Avec ce projet, le 1er arrondissement affiche en tout cas une ambition claire : faire du commerce du bétail une activité mieux organisée, plus sûre et davantage intégrée aux exigences sanitaires et économiques d’une capitale en pleine transformation.
MBAÏLEDE Trésor



Laisser un commentaire