Le ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, a annoncé ce lundi 10 août 2026 la suspension, jusqu’à nouvel ordre, des nouvelles attributions de terrains relevant du domaine de l’État dans toute la capitale.
Cette mesure intervient alors que N’Djamena fait face à une multiplication des conflits fonciers, à la spéculation immobilière, à la raréfaction des réserves de l’État et à une expansion urbaine jugée insuffisamment maîtrisée.
Le gel concerne notamment les terrains à vocation commerciale, économique et industrielle, ainsi que ceux sollicités par les ONG et les organisations de la société civile. Les dossiers encore en cours, sans décision définitive d’attribution, pourront également être réexaminés.
Le gouvernement entend également revoir les demandes formulées par les administrations publiques. Désormais, les ministères, institutions, établissements publics et collectivités ne bénéficieront plus d’attributions automatiques.
Chaque demande devra faire l’objet d’une étude de faisabilité, d’une vérification de sa conformité aux documents d’urbanisme, d’une évaluation des besoins réels et d’un examen de son intérêt stratégique pour l’État.
Pour Mahamat Assileck Halata, l’objectif est clair : préserver les réserves foncières publiques, lutter contre la spéculation et les occupations irrégulières, réduire les litiges et renforcer la transparence dans la gestion du patrimoine foncier.
Présentée comme une mesure conservatoire, cette suspension s’inscrit dans une réforme plus vaste de la gouvernance foncière. Celle-ci prévoit notamment la digitalisation du cadastre, la modernisation des procédures, la sécurisation des archives et des droits fonciers, ainsi que l’actualisation des réserves de l’État.
Le ministre a également évoqué la mise en place des chambres foncières dans les juridictions, conformément à la loi n°010 du 9 décembre 2025, afin de mieux traiter les contentieux liés à la terre.
Le gouvernement appelle enfin les administrations, opérateurs économiques, organisations de la société civile et citoyens à respecter strictement la nouvelle mesure. Sa levée interviendra, selon le ministre, lorsque les conditions d’une gestion foncière plus transparente, rigoureuse et planifiée seront réunies.
À N’Djamena, le message est désormais sans ambiguïté : le foncier public n’est plus destiné à être attribué au fil des demandes, mais doit répondre à une vision d’aménagement durable de la capitale.
MBAÏLEDE Trésor



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