N’Djamena : le SET sonne l’alerte et interpelle le gouvernement sur ses engagements non tenus
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N’Djamena : le SET sonne l’alerte et interpelle le gouvernement sur ses engagements non tenus

Après plusieurs semaines de silence, la Section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) de la ville de N’Djamena est sortie de sa réserve ce mardi pour dénoncer, avec vigueur, le non-respect des engagements pris par le gouvernement à l’égard des enseignants. Un point de presse très attendu, tenu dans un contexte où l’année scolaire tire vers sa fin et où la tension sociale s’accentue.

Face aux journalistes, professionnels des médias, invités et militants, le bureau exécutif provincial du SET a d’abord salué les nouvelles autorités en charge de l’Éducation nationale, exprimant ses félicitations au Ministre d’État, Ministre de l’Éducation Nationale, du Bilinguisme et de la Promotion Civique, ainsi qu’à la Secrétaire d’État à l’Éducation nationale. Le syndicat voit dans leurs premières orientations une volonté affichée de replacer l’enseignant tchadien au cœur des priorités gouvernementales.
Mais les félicitations n’ont pas suffi à masquer l’urgence des préoccupations.

Au centre de la colère du SET figure le non-respect de la date butoir du 3 avril 2026, fixée par le Premier ministre pour finaliser et signer le protocole d’accord lié au Décret 2850.
Pour le syndicat, ce retard ne relève pas d’un simple dysfonctionnement : il serait le résultat d’une “lenteur administrative voulue et orchestrée”, perçue comme une entrave directe au dialogue social.

Cette situation “fragilise le climat de sérénité” que les enseignants tentent de maintenir depuis des mois, avertit le bureau exécutif. Le SET rappelle que les enseignants n’attendent plus de nouvelles promesses, mais des actes concrets.

Autre point brûlant : la ponction opérée sur les salaires des enseignants en février, qualifiée d’injustifiée et de contraire aux textes en vigueur.
La Section provinciale de N’Djamena exige le remboursement total et sans condition de ces montants avant la fin avril 2026.

Pour le syndicat, cette pratique constitue non seulement une violation des droits des travailleurs, mais aussi un facteur supplémentaire de frustration dans un environnement social déjà fragilisé.

Le SET de N’Djamena interpelle personnellement Mahamat Ahmad Alhabo, Ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, l’invitant à s’impliquer urgemment dans la résolution des crises structurelles qui minent l’école tchadienne depuis des années.

Selon le syndicat, la stabilité de l’école tchadienne dépend désormais de la capacité des autorités à agir avec diligence et à garantir le respect des droits des enseignants, véritables piliers du système éducatif.

Dans son message de conclusion, la Section provinciale exhorte les enseignants à rester unis, soudés, vigilants et mobilisés, laissant planer la possibilité d’actions d’envergure si le gouvernement ne donne pas de réponses rapides et durables.

« Si des solutions pérennes ne sont pas trouvées dans les plus brefs délais, nous nous réservons le droit d’entreprendre toutes les actions syndicales nécessaires pour défendre les intérêts matériels et moraux des enseignants ».

La balle est désormais dans le camp du gouvernement.
À l’approche de la fin de l’année scolaire, le climat social dans l’éducation pourrait basculer à tout moment si les autorités n’accélèrent pas la mise en œuvre de leurs engagements.

La Rédaction

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