Ouaddaï : à Abéché, le gouvernement veut reprendre le contrôle du foncier et sécuriser les réserves publiques
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Ouaddaï : à Abéché, le gouvernement veut reprendre le contrôle du foncier et sécuriser les réserves publiques

Le foncier s’impose désormais comme l’un des dossiers prioritaires de l’action publique dans la province du Ouaddaï. À Abéché, le ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamat Assileck Halata, a réuni dimanche les responsables de son département et plusieurs représentants des forces vives de la province pour faire le point sur la gestion foncière et l’utilisation des espaces réservés à l’État.

Autour de la table figuraient notamment le Délégué général du Gouvernement auprès du Ouaddaï, le général Ismail Yamouda Djorbo, des représentants du Conseil provincial, des parlementaires, des responsables municipaux, des autorités religieuses et des acteurs de la société civile. Une concertation qui traduit la volonté des autorités de replacer la question foncière au cœur du dialogue institutionnel.

La situation présentée au cours de la réunion révèle l’ampleur des enjeux. Selon les données communiquées par la délégation provinciale du MATUH, la ville d’Abéché compte 507 réserves administratives. Parmi elles, 269 ont déjà fait l’objet d’une affectation, tandis que 228 demeurent disponibles et non attribuées. Neuf autres réserves sont, quant à elles, occupées de manière irrégulière.

Ces chiffres mettent en évidence la nécessité d’un suivi plus strict du patrimoine foncier public, dans une ville où la croissance démographique et l’expansion urbaine accentuent la pression sur les espaces disponibles.

Le délégué provincial du MATUH, Gaknone Djonsanbo Evariste, a présenté l’état d’exécution des activités de ses services. Malgré les contraintes rencontrées sur le terrain, l’administration affirme poursuivre ses missions conformément aux orientations nationales.

Autre indicateur examiné : les performances financières des services fonciers. Les chiffres montrent une progression continue des recettes au cours des dernières années.

Elles sont passées de 376,459 millions de FCFA en 2023 à 453,576 millions en 2024, avant d’atteindre 651,320 millions de FCFA en 2025. Sur la seule période allant de janvier au 15 août 2026, les recettes ont déjà franchi la barre des 653,664 millions de FCFA.

Pour les autorités, cette évolution constitue un signal important, mais elle doit aller de pair avec davantage de transparence, de contrôle et de rigueur dans l’administration du domaine public.

La rencontre a également permis au ministre Mahamat Assileck Halata de revenir sur une controverse entourant la réserve militaire identifiée sous le numéro TF 476.

Le ministre a rejeté les accusations selon lesquelles une partie de cette réserve aurait été cédée à des généraux. Il a expliqué que les démarches engagées autour de cet espace s’inscrivaient plutôt dans une logique de sécurisation du commerce de l’or, devenu particulièrement exposé aux agressions dans certaines zones.

Face aux incidents répétés enregistrés lors des transactions aurifères traditionnelles, avec des cas de violences ayant coûté la vie à certains orpailleurs, les autorités ont cherché, selon ses explications, à identifier un site placé sous la responsabilité de l’État et offrant de meilleures garanties de sécurité.

Au-delà des chiffres et des controverses, le message porté par les autorités est clair : la gestion des terres publiques ne saurait être abandonnée aux pratiques informelles ou aux occupations anarchiques.

Le général Ismail Yamouda Djorbo a, de son côté, réaffirmé sa détermination à faire respecter les dispositions légales en vigueur. Une position qui traduit la volonté de renforcer l’autorité de l’État dans un secteur souvent marqué par les litiges, les occupations irrégulières et les tensions autour de l’accès à la terre.

Avec ses 40 371 km², ses quatre départements et une population estimée à plus de 2,3 millions d’habitants, le Ouaddaï connaît une dynamique territoriale qui impose une planification plus cohérente. Dans ce contexte, la maîtrise du foncier apparaît comme un levier essentiel pour accompagner l’urbanisation, préserver les réserves de l’État et prévenir les conflits.

À Abéché, la réunion présidée par le ministre du MATUH aura ainsi permis de poser les bases d’une nouvelle exigence : faire du foncier un domaine davantage contrôlé, réglementé et orienté vers l’intérêt public.

MBAÏLEDE Trésor

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