Ouré Cassoni : face à l’afflux de réfugiés, l’urgence humanitaire se précise
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Ouré Cassoni : face à l’afflux de réfugiés, l’urgence humanitaire se précise

À Ouré Cassoni, les besoins humanitaires prennent une nouvelle dimension. Alors que l’arrivée continue de nouveaux réfugiés exerce une pression croissante sur les infrastructures et les ressources locales, une Mission conjointe Gouvernement–Partenaires s’est rendue sur le terrain pour mesurer l’ampleur des difficultés et écouter les populations directement concernées.

Conduite par Mme Zara Mahamat Issa, ministre de l’Action sociale, de la Solidarité et des Affaires humanitaires, la délégation, composée notamment de représentants des partenaires techniques et financiers, d’organisations internationales et d’institutions partenaires, poursuit dans l’Ennedi-Est une démarche d’évaluation des conditions de vie des réfugiés, des personnes déplacées et des communautés qui les accueillent.

À Ouré Cassoni, l’objectif n’était pas seulement de constater. Il s’agissait surtout d’écouter.

Créé en 2004, le camp de Ouré Cassoni doit désormais composer avec une augmentation importante du nombre de nouveaux arrivants enregistrée depuis l’année dernière. Cette évolution a entraîné l’élargissement de certaines zones d’accueil et accentué la pression sur des infrastructures déjà fortement sollicitées.

Dès son arrivée, la mission a engagé des discussions avec les autorités administratives, municipales et traditionnelles. Ces échanges ont permis de dresser un premier état des lieux des difficultés auxquelles la localité est confrontée et de recueillir les préoccupations des acteurs chargés de l’accueil et de l’assistance aux populations.

La délégation s’est ensuite entretenue avec les représentants des réfugiés et des personnes déplacées. Une étape importante pour confronter les constats institutionnels aux réalités vécues quotidiennement par les bénéficiaires de l’aide humanitaire.

Parmi les préoccupations exprimées, l’accès à l’eau apparaît comme l’un des défis les plus urgents.

La visite de la station de pompage de la localité a permis à la mission d’apprécier concrètement les conditions d’approvisionnement et les contraintes qui pèsent sur la distribution de cette ressource indispensable.

Dans un contexte marqué par l’augmentation de la population, la question de l’eau dépasse désormais le seul cadre de l’approvisionnement. Elle touche directement à la santé publique, à l’hygiène, à la dignité et à la cohésion entre les différentes communautés.

Les besoins en eau, hygiène et assainissement (WASH) figurent ainsi parmi les principales priorités portées à l’attention de la mission.

L’arrivée de nouveaux réfugiés pose également la question des capacités d’hébergement. Les représentants locaux ont fait état d’un déficit de logements et d’infrastructures adaptées à l’évolution démographique du camp.

À cette pression sur l’habitat s’ajoutent des besoins dans plusieurs secteurs essentiels, notamment la santé reproductive et la fourniture de kits de dignité destinés aux personnes les plus vulnérables.

Derrière ces demandes se dessine une même réalité : l’assistance humanitaire doit évoluer au rythme des besoins des populations. L’augmentation du nombre de bénéficiaires impose non seulement davantage de ressources, mais aussi des infrastructures capables de répondre durablement aux nouvelles exigences.

Les échanges ont également dépassé le cadre de l’aide d’urgence. Les populations ont mis en avant la nécessité de renforcer les moyens de subsistance, particulièrement pour les jeunes.

Le financement des activités génératrices de revenus (AGR) apparaît ainsi comme une piste importante pour favoriser l’autonomie économique et réduire la dépendance à l’assistance.

Dans le domaine agricole, les acteurs locaux ont plaidé pour un appui en matériels et en intrants afin de permettre la reprise et le développement des activités productives.

Cette dimension économique constitue un enjeu majeur de la réponse humanitaire : au-delà de la satisfaction des besoins immédiats, il s’agit aussi de permettre aux familles de retrouver progressivement des capacités de production et des sources de revenus.

L’accès à l’énergie figure également parmi les préoccupations soulevées au cours de la mission.

Pour les populations, disposer de solutions énergétiques adaptées permettrait non seulement d’améliorer les conditions de vie, mais également de contribuer à réduire la pression exercée sur les ressources forestières.

Cette demande illustre l’interconnexion des enjeux humanitaires dans une zone où les besoins en eau, en logement, en énergie, en alimentation et en moyens de subsistance se renforcent mutuellement.

À Ouré Cassoni, la mission conjointe aura surtout permis de rapprocher les décideurs des réalités quotidiennes des populations.

Les témoignages recueillis, les infrastructures visitées et les préoccupations exprimées doivent désormais servir à mieux cibler les interventions futures. Car derrière chaque besoin identifié se trouvent des familles, des jeunes, des femmes et des enfants dont les conditions de vie dépendent largement de la capacité des acteurs humanitaires et des autorités à adapter leur réponse.

Pour les communautés réfugiées comme pour les populations hôtes, l’enjeu est donc double : répondre à l’urgence tout en préparant les conditions d’une plus grande autonomie.

À Ouré Cassoni, le message du terrain est clair : l’aide humanitaire ne peut être durable sans investissement dans l’eau, les infrastructures, la dignité et les moyens de subsistance.

MBAÏLEDE Trésor

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