Ousmane Sonko défend son bilan politique et recadre le débat sur ses engagements
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Ousmane Sonko défend son bilan politique et recadre le débat sur ses engagements

Invité des antennes de Radio France Internationale (RFI), Ousmane Sonko est revenu sur plusieurs sujets brûlants de l’actualité politique sénégalaise, notamment ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, l’avenir du parti Pastef, la question de la censure parlementaire ainsi que le débat autour de l’homosexualité au Sénégal.

Dès l’entame de l’entretien, l’ancien Premier ministre a tenu à exprimer sa gratitude envers le peuple sénégalais. Il a salué le choix des électeurs qui ont porté à la magistrature suprême Bassirou Diomaye Faye, un candidat qu’il rappelle avoir lui-même désigné. Sonko a également souligné l’importance de la majorité parlementaire obtenue par son camp politique, qu’il considère comme un levier essentiel pour mettre en œuvre les réformes promises aux Sénégalais.

Interrogé sur les accusations de trahison qui agitent la scène politique depuis plusieurs mois, Ousmane Sonko a préféré éviter le registre émotionnel.

« Les notions de trahison relèvent davantage de la morale et de l’affectif. Je préfère une lecture politique de la situation », a-t-il déclaré.

Selon lui, le véritable enjeu réside dans le respect des engagements pris devant les Sénégalais après dix années d’opposition. Sonko estime que la trajectoire politique empruntée ces derniers mois s’est éloignée des promesses initiales.

« Je considère aujourd’hui que la plupart des engagements pris vis-à-vis du peuple sénégalais n’ont pas été respectés », a-t-il affirmé, pointant ce qu’il considère comme un dévoiement du projet politique porté par Pastef.

Sur la question sensible d’une éventuelle exclusion du président Bassirou Diomaye Faye du parti Pastef, Ousmane Sonko s’est montré prudent.

Il a rappelé que la formation politique dispose d’une organisation solide et de textes internes clairement définis pour encadrer ce type de situation.

« Le parti Pastef est très structuré et très organisé. Il existe des textes clairs sur les procédures à suivre. Nous n’en sommes pas encore là. Le parti appréciera le moment venu », a-t-il indiqué, refusant de se prononcer davantage.

Concernant les spéculations sur une éventuelle motion de censure contre le gouvernement, le leader de Pastef a rejeté toute logique de confrontation systématique.

« Nous ne sommes pas là pour entraver les actions de l’exécutif », a-t-il assuré.

Sonko a insisté sur le fait que son camp ne cherchera pas à utiliser les mécanismes parlementaires pour régler des comptes politiques ou affaiblir l’action gouvernementale. Toutefois, il a rappelé que la censure demeure un outil prévu par la Constitution et qu’elle pourrait être envisagée si les circonstances l’exigent.

Abordant le débat sur l’homosexualité, Ousmane Sonko a réaffirmé une position qu’il qualifie de conforme à la souveraineté nationale.

Selon lui, il n’existe pas de « chasse aux homosexuels » au Sénégal. Il a rappelé que la législation réprimant les actes homosexuels est en vigueur depuis plus de trois décennies et qu’elle reflète les choix souverains du pays.

« Le Sénégal est un pays souverain. Il n’a pas à se justifier des lois qu’il adopte, ni devant l’Occident ni devant qui que ce soit », a déclaré l’ancien Premier ministre.

À travers cette sortie médiatique, Ousmane Sonko a cherché à réaffirmer sa vision politique et à recentrer le débat sur ce qu’il considère comme l’essentiel : le respect des engagements pris devant les Sénégalais. Entre mises au point sur la gouvernance, avertissements sur la fidélité au projet politique initial et défense de la souveraineté nationale, l’ancien chef du gouvernement a livré un discours qui marque une nouvelle étape dans l’évolution des rapports de force au sommet de l’État sénégalais.

MBAÏLEDE Trésor

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