À l’heure où le Tchad poursuit la mise en œuvre de son troisième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-3), la société civile se mobilise pour renforcer l’adhésion des populations. La Coordination des associations de défense des droits de l’homme (CASCIDHO) a organisé, ce jeudi 9 juillet 2026, un point de presse à son siège situé à Sabangali, dans le 3ᵉ arrondissement de la capitale, afin de sensibiliser les citoyens sur l’importance de cette opération nationale.
Pour la CASCIDHO, le RGPH-3 représente une étape stratégique dans la construction d’un État mieux organisé et plus proche des réalités sociales de ses citoyens. Son coordonnateur national, Mahamat Digadimbaye, a insisté sur le fait que ce recensement ne saurait être réduit à une simple collecte de chiffres. Il constitue, selon lui, une véritable base de décision pour orienter les politiques publiques et répondre efficacement aux besoins des populations.
« Un pays ne peut pas planifier son avenir sans connaître avec précision sa population et ses réalités », a-t-il expliqué, rappelant que les données issues du recensement permettront notamment d’identifier les priorités en matière d’infrastructures scolaires, sanitaires, routières ainsi que dans la création d’emplois.
Au-delà de l’aspect statistique, la CASCIDHO voit également dans le RGPH-3 un instrument de promotion des droits sociaux et de l’équité nationale. Selon son responsable, recenser chaque citoyen revient à mieux prendre en compte les différentes composantes de la société et à garantir une répartition plus juste des investissements publics.
« Chaque personne compte dans le processus de développement national. La connaissance de la population permet à l’État d’apporter des réponses adaptées aux réalités de chaque communauté », a-t-il souligné.
Répondant aux critiques et aux rumeurs faisant état d’une possible politisation du recensement, la CASCIDHO a tenu à clarifier sa position. Après des observations sur le terrain, l’organisation affirme que les opérations menées dans le cadre du RGPH-3 revêtent un caractère essentiellement technique, scientifique et social.
Mahamat Digadimbaye a salué le travail des agents recenseurs engagés sur le terrain, qui sillonnent les quartiers urbains et les zones rurales malgré les difficultés logistiques et les contraintes liées aux conditions climatiques. Il a également reconnu l’existence de certains défis opérationnels, tout en affirmant que des mécanismes d’ajustement sont mis en place pour garantir la réussite du processus.
Dans cette dynamique, une mission de la CASCIDHO devrait prochainement échanger avec la direction générale de l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED) afin d’évaluer l’évolution des activités et contribuer à l’amélioration du dispositif.
Convaincue que la réussite du RGPH-3 dépend largement de l’implication des citoyens, la CASCIDHO entend intensifier ses actions de sensibilisation à travers le pays. Le coordonnateur national a ainsi appelé les 23 coordinations provinciales de l’organisation à multiplier les campagnes de proximité auprès des populations.
L’objectif affiché est clair : encourager chaque ménage à participer activement à l’opération et faire du recensement un succès collectif.
À travers cet engagement, la CASCIDHO entend rappeler que le développement d’un pays repose d’abord sur une connaissance précise de ses réalités humaines. Pour la société civile, le RGPH-3 apparaît ainsi comme un outil essentiel pour construire un Tchad mieux planifié, plus inclusif et tourné vers un avenir durable.
MBAÏLEDE Trésor



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