Face aux chocs climatiques et aux difficultés économiques, le Tchad, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie et le Niger misent sur une réponse régionale à travers le programme PIRSA/EJ SAHEL.
Le Sahel veut transformer ses vulnérabilités en opportunités. Ce mardi 20 octobre 2026, à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena, s’est ouvert un atelier régional de trois jours consacrés à la préparation du Programme intégré de renforcement de la résilience des systèmes alimentaires et de l’emploi des jeunes au Sahel (PIRSA/EJ SAHEL).
Présidée par le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakith Djamous, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Jeunesse et des Sports, Naïr Abakar, ainsi que des représentants des cinq pays participants et des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte.
Sécheresses récurrentes, terres dégradées, désertification et insécurité alimentaire : les défis s’accumulent dans une région où les crises climatiques et sécuritaires fragilisent les moyens de subsistance. Face à cette situation, le PIRSA/EJ SAHEL ambitionne de dépasser les réponses d’urgence pour promouvoir des solutions durables, fondées sur la restauration des terres, la gestion des ressources naturelles et le renforcement des systèmes de production agricole et pastorale.
Soutenue par la BAD, avec l’appui du Programme alimentaire mondial et de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte, cette initiative entend renforcer la coopération entre les cinq États confrontés à des défis largement partagés.
Au cœur du programme figure également l’emploi des jeunes. Avec près de 50 millions de personnes de moins de 30 ans dans l’espace sahélien, selon les données évoquées lors de l’ouverture, la région fait face à un défi majeur : convertir son potentiel démographique en force productive.
L’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, la transformation agricole et le développement des chaînes de valeur agropastorales constituent ainsi des leviers privilégiés pour créer des revenus, stimuler l’économie locale et renforcer la sécurité alimentaire.
Pour le Tchad, cette rencontre représente une occasion de consolider ses efforts en matière de lutte contre la désertification et de restauration des écosystèmes, tout en définissant sa contribution à une stratégie régionale ambitieuse.
Durant trois jours, les participants devront préciser les contours du programme, harmoniser les priorités nationales et renforcer la coordination entre les pays et leurs partenaires. L’enjeu est désormais de traduire les engagements en interventions concrètes, capables de bénéficier aux populations les plus vulnérables.
À N’Djamena, le message est clair : la résilience du Sahel ne se construira pas uniquement par la protection de l’environnement, mais aussi par la création d’emplois et la valorisation du potentiel de sa jeunesse. Reste à transformer cette ambition régionale en résultats tangibles sur le terrain.
MBAÏLEDE Trésor



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