Face aux enjeux liés à l’approvisionnement des marchés et à la préservation du pouvoir d’achat, la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture, des Mines et de l’Artisanat (CCIAMA) veut renforcer la mobilisation des acteurs économiques. Son Administrateur Provisoire, Abderrahmane Gademi, a réaffirmé, jeudi 17 septembre 2026, le soutien de l’institution aux mesures prises par les autorités pour sécuriser les disponibilités alimentaires sur le marché national.
Lors d’un point de presse tenu à N’Djaména, en présence notamment du Secrétaire général et des membres du CONIITE, du Coordonnateur des marchés et des responsables des marchés de la capitale, Abderrahmane Gademi a mis l’accent sur la nécessité de préserver les stocks et de maintenir un approvisionnement régulier des populations.
Parmi les dispositions saluées figure notamment la décision du gouvernement de restreindre temporairement l’exportation de certaines céréales, graines et produits dérivés. Une mesure présentée comme un moyen de préserver l’offre disponible sur le marché intérieur dans un contexte où la sécurité alimentaire demeure un enjeu majeur.
La CCIAMA a également reconnu les efforts consentis par les opérateurs économiques pour maintenir l’approvisionnement des marchés malgré les difficultés liées à l’enclavement du pays et à la hausse des coûts du transport.
Mais pour son Administrateur Provisoire, cette mobilisation doit s’accompagner d’une responsabilité accrue. Les opérateurs sont ainsi appelés à consolider leurs stocks, à éviter des marges excessives et surtout à faire bénéficier les consommateurs des exonérations accordées par l’État.
L’objectif affiché est clair : empêcher que les mesures de soutien mises en place ne soient absorbées par les différents maillons de la chaîne commerciale, au détriment des ménages.
Au-delà des mesures conjoncturelles, la CCIAMA entend placer la production nationale au cœur de la réponse aux défis alimentaires. Abderrahmane Gademi encourage ainsi les investisseurs et opérateurs économiques à s’engager davantage dans l’agriculture, la transformation des matières premières et la commercialisation des produits issus de la production nationale.
Cette orientation repose sur un triptyque : produire au Tchad, transformer au Tchad et consommer tchadien.
Pour la CCIAMA, cette dynamique peut contribuer simultanément à renforcer l’autonomie alimentaire, stimuler les activités économiques, créer des emplois et limiter la dépendance du pays vis-à-vis des importations.
La Chambre entend également renforcer le suivi du terrain. Ses délégués provinciaux ont été appelés à sensibiliser les opérateurs économiques, à suivre régulièrement l’état de l’approvisionnement et l’évolution des prix et à faire remonter rapidement les éventuelles difficultés.
La CCIAMA entend notamment rester vigilante face aux phénomènes de rétention des stocks et aux pratiques spéculatives susceptibles de perturber le fonctionnement normal des marchés.
À travers cette démarche, l’institution consulaire veut contribuer à transformer les décisions publiques en effets concrets pour les consommateurs. La souveraineté alimentaire ne se joue donc pas uniquement dans les champs : elle passe aussi par la capacité à stocker, transformer, distribuer et rendre accessibles les produits essentiels.
Dans cette perspective, la CCIAMA appelle l’ensemble de la chaîne économique notamment producteurs, transformateurs, commerçants et distributeurs à inscrire son action dans une logique de responsabilité collective. L’enjeu, au-delà de la stabilité des marchés à court terme, est de consolider progressivement les bases d’une économie alimentaire davantage ancrée dans les capacités nationales.
La Rédaction



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