À Espace Betna, au cœur du dispositif de Campus France, l’effervescence n’avait rien d’ordinaire ce mardi 21 avril 2026. Sous le regard attentif des journalistes, partenaires et jeunes curieux, Cultures Sans Frontières a levé le voile sur Takatouf, un concours national inédit dédié aux talents émergents de l’audiovisuel et de l’écriture. Soutenue par Ambassade de France au Tchad, l’initiative ambitionne de transformer le paysage créatif tchadien en offrant enfin une scène à ceux qui, jusqu’ici, créaient dans l’ombre.
Dans un pays où la jeunesse déborde d’imagination, Takatouf « s’épauler » en arabe tchadien, se pose comme une réponse concrète à un manque criant de visibilité. L’idée est simple mais puissante : repérer, encadrer et propulser des jeunes de 18 à 30 ans qui racontent le réel à travers la caméra ou la plume, sans toujours disposer des moyens pour être entendus. « Le Tchad regorge de talents capables de changer les regards. Il leur manquait une scène ; Takatouf sera la leur », a résumé Khalid Salim, chef de projet Takatouf tout en insistant sur la rigueur et l’ambition professionnelle de cette première édition.
Le coup d’envoi se fait avec un focus sur l’audiovisuel. Les participants devront concevoir une capsule vidéo de trois minutes, libre dans sa forme mais exigeante dans son intention : raconter le Tchad d’aujourd’hui pour mieux dessiner celui de demain. Les inscriptions, ouvertes jusqu’au 19 mai 2026 sur la plateforme officielle, marquent la première étape d’un parcours structuré. Chaque candidat passera ensuite par une session d’information obligatoire, preuve d’une volonté d’accompagner et de professionnaliser les démarches créatives.
Accessible sur l’ensemble du territoire, le concours mise sur une plateforme numérique tout en s’appuyant sur des relais physiques à N’Djamena, Abéché, Moundou et Mongo afin de lever les barrières logistiques. Une manière d’inclure des talents souvent éloignés des circuits culturels traditionnels.
Mais Takatouf ne se limite pas à une compétition. Les six lauréats bénéficieront d’un accompagnement sur mesure : formations spécialisées, opportunités de mobilité, soutien au développement de projets et accès à du matériel professionnel. Un dispositif encore rare au Tchad, pensé pour faire franchir un cap décisif à ces jeunes créateurs et les inscrire durablement dans les industries culturelles.
Le calendrier est déjà fixé : lancement le 21 avril, clôture des candidatures le 19 mai, dépôt final des vidéos le 28 juin, avant une proclamation des résultats le 14 juillet 2026. Et l’élan ne s’arrêtera pas là. Une deuxième édition, dédiée cette fois à l’écriture, est annoncée pour septembre, élargissant encore le champ des possibles.
Avec Takatouf, une nouvelle page s’ouvre pour la jeunesse tchadienne. Raconter son pays n’est plus seulement un rêve ou un acte isolé, mais une démarche reconnue, encouragée et accompagnée. Plus qu’un concours, Takatouf s’impose comme une promesse tangible : celle de voir émerger une génération capable de filmer, d’écrire et d’imaginer le Tchad de demain.
MBAÏLEDE Trésor



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