Tchad : Après sa grâce présidentielle, Max Kemkoye réaffirme son combat pour les libertés et appelle à l’unité nationale
Actualités Actualités politiques Nationale Politique

Tchad : Après sa grâce présidentielle, Max Kemkoye réaffirme son combat pour les libertés et appelle à l’unité nationale

Quelques jours après avoir recouvré sa liberté à la faveur de la grâce présidentielle accordée par le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, le président de l’Union démocratique du peuple (UDP), Max Kemkoye, a livré un message empreint d’émotion, de gratitude et de détermination.

Dans une publication diffusée sur sa page Facebook officielle, l’opposant politique revient longuement sur les mois passés en détention et sur les retrouvailles avec sa famille. Il affirme avoir retrouvé les siens le 14 août, après avoir quitté son domicile le 25 avril 2026.

Au-delà de l’épreuve personnelle, Max Kemkoye présente sa détention comme une période qui n’a pas entamé ses convictions. Il assure être resté attaché à ses principes, notamment à la défense de l’État de droit, des libertés publiques et de la justice.

Dans son message, le président de l’UDP insiste sur une idée forte : sa libération ne signifie pas, à ses yeux, que le combat pour les libertés est achevé.

« Aujourd’hui, semble-t-il que je suis libre », écrit-il, avant de poser une condition à cette liberté : celle du peuple tchadien tout entier. Pour lui, la véritable liberté ne saurait être individuelle. Elle doit se traduire par le respect des droits, l’effectivité des libertés publiques et la capacité du peuple à choisir librement ses dirigeants et ses institutions.

Cette déclaration donne à son retour une dimension essentiellement politique. Loin de présenter sa grâce comme l’aboutissement de son combat, Max Kemkoye entend la considérer comme une nouvelle étape.

Le responsable politique rend également hommage à ceux qui l’ont soutenu durant sa détention. Famille, amis politiques, défenseurs des droits humains, journalistes, fidèles des différentes confessions religieuses, compatriotes de l’intérieur et de la diaspora : tous sont associés à ses remerciements.

Il souligne notamment le rôle des prières et des marques de solidarité qui, selon lui, lui ont permis de conserver sa force morale.

Malgré les difficultés vécues loin des siens, Max Kemkoye affirme n’avoir cédé ni au découragement ni à la haine. Une posture qu’il présente comme l’un des enseignements majeurs tirés de cette période : la solidarité et la fraternité demeurent, selon lui, des forces essentielles dans les moments d’épreuve.

Au-delà de son expérience personnelle, le président de l’UDP adresse un message plus large à la nation. Pour lui, l’unité constitue l’une des principales richesses du Tchad.

Il appelle ainsi ses compatriotes à dépasser les divisions et à privilégier la cohésion nationale, estimant qu’une nation profondément divisée s’expose à de graves conséquences.

Son message prend donc une tonalité à la fois politique et républicaine : défendre ses convictions, mais préserver le dialogue et l’unité nationale.

Le point le plus marquant de sa déclaration concerne toutefois ceux qu’il dit avoir laissés derrière lui à la Maison d’arrêt de Klessoum.

Max Kemkoye évoque notamment des détenus qu’il considère comme innocents, ainsi que les personnes condamnées ou détenues dans le cadre des événements de Mandakao et des religieux toujours incarcérés.

Il appelle ses compatriotes à prier pour eux et souhaite qu’ils puissent, à leur tour, recouvrer rapidement la liberté.

Cette déclaration transforme ainsi son retour en liberté en plaidoyer pour ceux qui restent derrière les barreaux. Pour Max Kemkoye, son propre élargissement ne saurait être pleinement satisfaisant tant que d’autres personnes demeurent détenues.

Avec ce message, Max Kemkoye signe son retour dans l’espace public sur un registre à la fois émotionnel et politique. La grâce présidentielle met fin à plusieurs mois de privation de liberté, mais ne semble pas avoir modifié l’essentiel de son discours.

Son engagement demeure centré sur les libertés, l’État de droit, la justice et la souveraineté populaire. Mais son appel à l’unité nationale et son refus affiché de céder à la haine pourraient également ouvrir la voie à une posture davantage tournée vers l’apaisement.

Une chose est certaine : après plusieurs mois de silence imposé par la détention, la voix du président de l’UDP est de nouveau audible. Et son premier message est sans ambiguïté : sa liberté retrouvée ne vaut, à ses yeux, que si elle peut contribuer à la liberté et à la dignité de l’ensemble du peuple tchadien.

MBAÏLEDE Trésor

    Laisser un commentaire

    • Rating