Tchad : Dr Guibolo Fanga Mathieu durcit le contrôle des produits alimentaires et fait de la santé des consommateurs une priorité absolue
Actualités Actualités Faits divers Nationale

Tchad : Dr Guibolo Fanga Mathieu durcit le contrôle des produits alimentaires et fait de la santé des consommateurs une priorité absolue

Face aux nombreuses interrogations suscitées par les récentes opérations de contrôle des unités de production agroalimentaire, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Dr Guibolo Fanga Mathieu, est monté au créneau ce vendredi lors d’un point de presse. Objectif : clarifier la démarche du gouvernement, rassurer les consommateurs et rappeler que la protection de la santé publique demeure une priorité absolue.

Devant les médias, le ministre a tenu à lever toute ambiguïté autour des inspections menées à travers le pays. Selon lui, les décisions de suspension de certaines unités de production ou de retrait de produits du marché ne relèvent ni de considérations politiques, ni de pressions extérieures, mais exclusivement d’évaluations scientifiques réalisées par des structures techniques compétentes.

Lancée d’abord à N’Djamena avant d’être progressivement étendue à l’ensemble du territoire national, la campagne d’inspection vise à garantir que les produits alimentaires fabriqués et commercialisés au Tchad respectent les normes sanitaires et de qualité en vigueur.

Les contrôles effectués ont mis en évidence plusieurs insuffisances dans certaines unités industrielles, notamment en matière d’hygiène, de conformité réglementaire et de respect des standards de production. Face à ces constats, les autorités ont appliqué les mesures prévues par la législation, allant de la suspension temporaire des activités au retrait des produits jugés non conformes.

Pour le ministre, cette politique de contrôle s’inscrit dans une vision plus large de modernisation de l’industrie nationale, appelée à devenir plus compétitive dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le ministre a consacré une partie importante de son intervention à l’affaire de l’eau minérale « C’est Bon », largement commentée ces derniers mois.

Il a expliqué que les premières analyses réalisées en avril 2026 avaient révélé une eau fortement déminéralisée, conduisant les autorités à suspendre immédiatement la production et la commercialisation par mesure de précaution.

Par la suite, plusieurs séries d’analyses microbiologiques et physico-chimiques, réalisées par différentes institutions nationales, puis confirmées par une expertise indépendante menée au Burkina Faso, ont conclu à la conformité du produit selon les paramètres exigés.

À la lumière de ces résultats, et après vérification du retrait effectif des anciens lots, le ministère a autorisé la reprise des activités de production et de commercialisation à compter du 3 juillet 2026.

Toutefois, Dr Guibolo Fanga Mathieu a insisté sur un point essentiel : les lots fabriqués entre le 17 avril et le 3 juillet 2026 demeurent strictement interdits de consommation et de commercialisation. Toute infraction exposera ses auteurs aux sanctions prévues par la réglementation.

Le ministre a rejeté les interprétations qu’il juge tendancieuses autour de ces opérations, rappelant que chaque décision est prise dans le strict respect des textes en vigueur et sur la base d’expertises techniques indépendantes.

Selon lui, le ministère ne mène aucune croisade contre les entreprises. Son rôle consiste à concilier deux impératifs : accompagner les opérateurs économiques respectueux des normes tout en protégeant les consommateurs contre les produits susceptibles de présenter un risque sanitaire.

Il a d’ailleurs encouragé les industriels à renforcer leurs dispositifs internes de contrôle qualité, à améliorer leurs conditions de production et à collaborer pleinement avec les services d’inspection.

Le ministre a également lancé un appel à la vigilance citoyenne. Il invite les consommateurs à signaler tout produit suspect ou présentant des anomalies afin de renforcer l’efficacité du dispositif national de surveillance.

Il a reconnu que le ministère ne dispose pas encore de son propre laboratoire d’analyses, ce qui explique le recours aux organismes nationaux spécialisés ainsi qu’à des laboratoires étrangers indépendants lorsque cela s’avère nécessaire pour garantir la fiabilité des expertises.

En conclusion, Dr Guibolo Fanga Mathieu a réaffirmé la volonté du gouvernement de bâtir une industrie tchadienne moderne, performante et conforme aux standards internationaux.

Il a assuré que les opérations de contrôle se poursuivront sur toute l’étendue du territoire dans un esprit de transparence, d’équité et de rigueur, tout en réaffirmant un principe qu’il considère non négociable : aucun impératif économique ne saurait primer sur la protection de la santé des consommateurs.

MBAÏLEDE Trésor

    Laisser un commentaire

    • Rating