Face à une saison des pluies marquée par une rareté préoccupante des précipitations, le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, veut prendre les devants. Ce mardi, le chef de l’État s’est rendu à l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA) pour s’enquérir directement du niveau des stocks et évaluer les capacités du pays à faire face aux éventuelles conséquences d’une campagne agricole difficile.
Cette descente sur le terrain intervient alors que l’irrégularité des pluies fait planer des incertitudes sur les récoltes et les pâturages. Un contexte qui pourrait, à terme, accentuer la pression sur l’approvisionnement alimentaire et fragiliser davantage les conditions de vie des populations rurales, notamment les agriculteurs et les éleveurs.
Au-delà du simple constat, le déplacement présidentiel se veut un signal d’anticipation. Il s’agit pour les autorités de ne pas attendre que les difficultés se transforment en crise avant d’agir, notamment sur la disponibilité des denrées essentielles et la protection des moyens de subsistance des populations.
À l’issue de sa visite, le chef de l’État a fait part de ses orientations sur son compte Facebook officiel. Mahamat Idriss Déby Itno affirme avoir instruit le gouvernement de prendre « dès à présent » les mesures nécessaires pour renforcer la résilience nationale face aux défis climatiques.
« Face aux défis climatiques et à la rareté des pluies constatée cette saison, nous prenons dès à présent toutes les dispositions nécessaires pour renforcer la résilience de notre nation », a-t-il déclaré.
Le président met particulièrement l’accent sur la constitution de réserves alimentaires. Il a ainsi « fermement instruit » le gouvernement d’agir avec anticipation afin de disposer de stocks suffisants pour faire face aux conséquences d’une éventuelle crise de récolte et de pâturage.
L’exécutif est également appelé à accélérer son action sur les volets commercial et fiscal, avec l’objectif de prévenir les tensions sur les marchés et de faciliter une réponse rapide en cas de dégradation de la situation.
L’enjeu dépasse donc la seule question des précipitations. Pour les autorités, la faiblesse de la pluviométrie pourrait avoir des répercussions en chaîne : baisse des rendements agricoles, réduction des pâturages, difficultés pour le bétail, pression accrue sur les prix des denrées et vulnérabilité renforcée des ménages dépendant directement de l’agriculture et de l’élevage.
Dans ce contexte, l’ONASA se retrouve au cœur du dispositif d’anticipation. Le niveau des stocks alimentaires constitue en effet l’un des leviers essentiels pour amortir un éventuel déficit de production et garantir la disponibilité des produits de première nécessité.
À travers cette visite, le président de la République affiche ainsi une volonté claire : anticiper les effets d’une campagne agricole incertaine plutôt que d’attendre l’installation d’une crise pour intervenir.
Le gouvernement est désormais appelé à traduire rapidement ces instructions en mesures concrètes. Car derrière la rareté des pluies se profile un double défi, alimentaire et pastoral, auquel le Tchad devra répondre avec réactivité, coordination et solidarité.
« Nous restons pleinement mobilisés aux côtés de nos concitoyens, de nos agriculteurs et de nos éleveurs pour faire face à toute urgence, Dieu voulant », a assuré le chef de l’État.
MBAÏLEDE Trésor



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