Tchad: Face à l’explosion urbaine, le gouvernement engage un nouveau cap pour le logement Et des villes plus résilientes
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Tchad: Face à l’explosion urbaine, le gouvernement engage un nouveau cap pour le logement Et des villes plus résilientes

Avec un déficit estimé à 1,5 million de logements, des risques croissants d’inondation et une urbanisation difficile à maîtriser, le Tchad entend accélérer la transformation de ses villes. Le lancement d’un Programme national d’habitat résilient et d’urbanisation planifiée marque une nouvelle étape dans la recherche de solutions durables à la crise du logement.

L’urbanisation galopante place le Tchad devant un défi majeur : construire des villes capables de répondre aux besoins d’une population en constante augmentation, sans sacrifier la sécurité, la dignité humaine et l’équilibre environnemental. À l’occasion de la Journée mondiale des villes 2026, célébrée le 31 octobre autour du thème « Régénérer la ville : un logement convenable pour tous », le département en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat affiche sa volonté de passer à une nouvelle dynamique d’aménagement du territoire.

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 4 novembre, le ministre a dressé un tableau des difficultés qui fragilisent les centres urbains du pays. Expansion démographique rapide, occupation anarchique des espaces, précarité foncière, exposition aux inondations et insuffisance de logements constituent autant de contraintes qui appellent une réponse gouvernementale structurée. Le déficit national, évalué à environ 1,5 million d’unités, illustre l’ampleur des besoins à satisfaire.

Face à cette situation, l’accès à un habitat décent est présenté comme un axe stratégique de développement. Cette ambition s’inscrit dans la vision du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, portée par le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».

Sur le terrain, plusieurs actions sont engagées pour mieux encadrer l’occupation des sols et faciliter la réalisation de projets immobiliers. Elles concernent notamment la protection des réserves foncières de l’État dans les provinces, la consolidation des commissions locales d’urbanisme et l’identification de sites destinés aux programmes de logements sociaux. L’attribution de 30 hectares à la SOPROFIM, dans la ville de Mongo, constitue l’une des illustrations concrètes de cette orientation.

Mais au-delà des initiatives déjà amorcées, le Gouvernement entend désormais structurer son intervention autour d’un dispositif national plus ambitieux. La préparation du Programme national d’habitat résilient et d’urbanisation planifiée vient ainsi d’être annoncée. Sa conception sera menée conjointement avec le ministère chargé de l’Économie, des Finances et du Plan, avec l’accompagnement technique d’ONU-Habitat.

Première étape de cette démarche : une Matinée de l’Habitat est prévue le 20 novembre 2026 à N’Djaména. Cette rencontre réunira les administrations publiques, les partenaires techniques et financiers, les établissements bancaires, les promoteurs immobiliers ainsi que les représentants des collectivités territoriales. La présence annoncée d’Oumar Sylla, directeur régional d’ONU-Habitat pour l’Afrique, devrait également contribuer aux échanges sur les mécanismes de financement, les orientations techniques et les conditions de mise en œuvre du futur programme.

L’enjeu dépasse largement la construction de nouvelles habitations. Il s’agit de faire du logement un moteur de croissance économique, de création d’emplois et de valorisation des compétences locales. Maçons, artisans, entrepreneurs et producteurs de matériaux de construction pourraient ainsi bénéficier des opportunités générées par le développement du secteur.

Le ministre mise également sur une mobilisation collective. Collectivités territoriales, opérateurs privés, banques et partenaires au développement sont appelés à unir leurs efforts pour favoriser l’émergence d’un habitat financièrement accessible, juridiquement sécurisé et adapté aux réalités climatiques.

Aux citoyens, un message de responsabilité est également adressé : toute construction doit être précédée d’une consultation des services compétents de l’urbanisme, dans le respect des plans d’aménagement et des normes de sécurité, notamment pour éviter les zones exposées aux inondations.

Reste désormais à transformer ces orientations en réalisations concrètes. Car derrière les ambitions affichées se joue une question essentielle pour l’avenir du Tchad : comment offrir à chaque citoyen un logement digne tout en bâtissant des villes mieux organisées, plus sûres et capables de résister aux défis de demain ?

MBAÏLEDE Trésor

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