Dans une cérémonie empreinte de solennité, le Ministre d’État en charge des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, a procédé à l’installation officielle de la Directrice Générale et du Directeur Général Adjoint de la toute nouvelle Société Nationale de Recouvrement des Créances (SNRC). Un acte fort, qui marque une étape clé dans la restructuration du système financier national.
Créée par la loi n°27/CNT/2024 adoptée en octobre 2024, la Société Nationale de Recouvrement des Créances (SNRC) s’impose désormais comme un instrument central de la politique économique du Tchad. Son objectif est clair : s’attaquer au poids des créances en souffrance qui fragilisent les banques et freinent la dynamique de financement de l’économie.
Dans un contexte où les établissements bancaires peinent à assainir leurs bilans, la SNRC apparaît comme une réponse structurelle à un problème ancien, mais devenu critique. Plus qu’un mécanisme technique, elle incarne une volonté politique de rétablir la discipline financière.
Au-delà du recouvrement, l’ambition affichée est plus large : renforcer la solidité du secteur bancaire, restaurer la confiance des investisseurs et, à terme, faciliter l’accès au crédit pour les entreprises comme pour les ménages. Une équation essentielle pour soutenir la croissance et stimuler l’investissement privé.
Pour les autorités, il s’agit d’un levier stratégique capable de réinjecter de la fluidité dans un système longtemps entravé par les impayés et les créances douteuses.
Lors de son intervention, Tahir Hamid Nguilin a insisté sur la dimension cruciale de cette réforme. Il a rappelé que le recouvrement des créances constitue un pilier fondamental de la stabilité économique et doit être conduit dans le strict respect des normes régionales, notamment celles de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC).
Le ministre a également appelé à une gestion rigoureuse, transparente et orientée vers les résultats, insistant sur la nécessité de produire des impacts mesurables dans les plus brefs délais.
Les nouveaux dirigeants de la SNRC entrent désormais dans une phase d’exigence maximale. Leur feuille de route est claire : efficacité opérationnelle, transparence dans les procédures et restauration de la confiance entre les acteurs économiques et financiers.
La réussite de cette institution dépendra également de sa capacité à travailler en synergie avec les banques, les institutions financières et les partenaires économiques. Une coordination jugée indispensable pour maximiser l’impact de cette réforme structurelle.
Avec la mise en route de la SNRC, le Tchad franchit un cap décisif dans la modernisation de son système financier. Ce dispositif, s’il est mené avec rigueur, pourrait devenir un levier puissant de stabilisation économique et de relance du crédit.
Reste désormais à transformer l’ambition politique en résultats concrets. Car au-delà des discours et des installations officielles, c’est sur le terrain du recouvrement et de la performance que se jouera la crédibilité de cette nouvelle architecture financière.
La Rédaction



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