La grâce présidentielle accordée à Succès Masra marque, pour sa défense, bien plus qu’une simple mesure judiciaire. Dans un communiqué publié ce vendredi depuis Paris, Me Saïd Larifou, avocat de l’ancien Premier ministre et président des Transformateurs, salue une décision susceptible de favoriser « l’apaisement politique » et d’ouvrir une nouvelle séquence pour le Tchad.
Après plusieurs mois marqués par les procédures judiciaires, la condamnation et la détention de Succès Masra, son avocat accueille avec satisfaction la décision du président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, de lui accorder la grâce présidentielle. Une mesure qui permet à l’opposant de retrouver sa liberté, après une période particulièrement éprouvante pour lui, ses proches et ses soutiens.
Pour Me Saïd Larifou, cette décision dépasse la seule situation personnelle de son client. Elle peut, selon lui, constituer un signal politique en faveur du dialogue et contribuer à détendre le climat national.
L’avocat entend toutefois maintenir ouvertes les questions liées aux circonstances de l’arrestation, du procès et de la condamnation de Succès Masra. Il réaffirme ainsi l’attachement de la défense aux principes de l’État de droit, aux droits de la défense, à l’indépendance de la justice et au droit à un procès équitable.
Cette position traduit un équilibre entre satisfaction face à la libération et maintien des préoccupations juridiques soulevées par la défense.
Au-delà de la libération de son client, Me Larifou formule désormais le souhait d’un changement de climat politique au Tchad. Il estime que la liberté retrouvée de Succès Masra pourrait être le point de départ d’une nouvelle dynamique fondée sur le dialogue, le pluralisme et la confrontation démocratique des idées.
Pour l’avocat, les divergences politiques ne devraient plus conduire à une exclusion durable des acteurs de la vie publique. Elles devraient plutôt être arbitrées dans le cadre des institutions, du débat démocratique et du suffrage populaire.
« Le Tchad a besoin de toutes ses forces politiques, sociales, intellectuelles et citoyennes », soutient-il, appelant implicitement à dépasser les logiques de confrontation et de marginalisation.
Dans son communiqué, la défense insiste également sur la nécessité de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions. Pour Me Larifou, la stabilité ne peut reposer uniquement sur l’autorité de l’État. Elle doit également s’appuyer sur la confiance dans la justice, le respect des libertés publiques et la reconnaissance du pluralisme politique.
La libération de Succès Masra est ainsi présentée comme une occasion de réorienter le débat national vers la paix civile, la réconciliation et la consolidation des institutions.
Cette démarche intervient dans un contexte où la question de l’apaisement politique demeure particulièrement sensible. Le geste présidentiel pourrait, selon la défense, servir de levier à une nouvelle phase de dialogue entre les différentes composantes de la société tchadienne.
Me Saïd Larifou adresse également ses remerciements à celles et ceux qui ont soutenu la cause de son client au Tchad et à l’étranger. Avocats, responsables politiques, organisations de défense des droits humains, acteurs de la société civile, intellectuels, journalistes et simples citoyens sont cités parmi les soutiens mobilisés durant cette période.
Cette mobilisation internationale, estime-t-il, illustre la portée universelle des principes liés à la liberté, à la dignité humaine et à l’État de droit.
Pour la défense de Succès Masra, l’heure est désormais à la retenue, aux retrouvailles et à la réflexion après plusieurs mois d’épreuve. Mais au-delà de la personne de l’ancien Premier ministre, le regard se tourne déjà vers l’avenir politique du pays.
La grâce présidentielle met fin à la détention, sans effacer les débats juridiques et politiques qui ont accompagné l’affaire. Elle ouvre cependant une possibilité : celle de transformer un épisode de forte tension en opportunité de dialogue.
Le message de Me Saïd Larifou est donc clair : la liberté retrouvée de Succès Masra ne devrait pas être considérée comme l’aboutissement d’un combat, mais comme le début d’une nouvelle étape.
Une étape où le débat politique pourrait retrouver le terrain des idées, où les désaccords pourraient être gérés par les institutions et où la réconciliation nationale deviendrait un objectif partagé.
Pour l’avocat, le véritable enjeu commence désormais : faire de cette libération un rendez-vous avec l’apaisement, le dialogue et la construction d’un Tchad plus pluraliste.
MBAÏLEDE Trésor



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