Tchad : L’AILC et le PNUD unissent leurs forces pour faire reculer la corruption
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Tchad : L’AILC et le PNUD unissent leurs forces pour faire reculer la corruption

En misant sur la prévention, l’éducation à l’intégrité et la modernisation des mécanismes de contrôle, l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) affichent leur volonté de renforcer la gouvernance et de promouvoir une administration publique plus transparente.

La lutte contre la corruption au Tchad pourrait connaître un nouvel élan. Le Contrôleur général de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), Nédéou Teubdoyo Gérard, a reçu ce matin une délégation du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), conduite par Chris Ayangafac et Valery Wadja. Au centre de cette rencontre : la consolidation d’un partenariat stratégique destiné à renforcer les mécanismes de prévention et à promouvoir une véritable culture de l’intégrité.

Face aux conséquences de la corruption sur la confiance des citoyens, l’efficacité de l’administration et le développement du pays, l’AILC entend privilégier une approche qui ne se limite pas à la répression des infractions. L’ambition est désormais d’intervenir en amont, en s’attaquant aux pratiques et aux comportements qui favorisent ce phénomène.

Pour Nédéou Teubdoyo Gérard, la bataille contre la corruption doit également se gagner sur le terrain de l’éducation et de la sensibilisation. L’inculcation des valeurs d’honnêteté, de responsabilité et d’intégrité aux jeunes générations apparaît ainsi comme un levier essentiel pour construire durablement une société moins tolérante aux pratiques illicites.

Cette orientation traduit une volonté de faire de la prévention un pilier central de la stratégie nationale, en complément des mécanismes de contrôle et des poursuites prévues par la loi.

Dans cette dynamique, l’expertise du PNUD en matière de gouvernance démocratique et de renforcement institutionnel constitue un atout majeur. L’appui envisagé devrait notamment contribuer au développement des compétences des acteurs concernés, à la mise en œuvre d’actions de sensibilisation et au déploiement de programmes adaptés aux réalités du terrain.

L’objectif est de renforcer les capacités opérationnelles de l’AILC et de favoriser une mobilisation plus large des institutions et des citoyens autour des exigences de transparence et de redevabilité.

Au-delà des échanges institutionnels, cette coopération ambitionne de donner davantage de portée aux initiatives de lutte contre la corruption et de consolider les bases d’une gestion publique davantage tournée vers l’intérêt général.

L’autre axe majeur de cette démarche concerne la modernisation des outils de lutte contre la corruption. L’AILC souhaite explorer davantage les possibilités offertes par les technologies afin d’améliorer ses méthodes de travail et de renforcer l’efficacité de ses interventions.

Une attention particulière est également accordée à la protection des lanceurs d’alerte. La préparation d’un cadre juridique sécurisé vise à créer des conditions plus favorables au signalement des abus, en permettant aux personnes qui dénoncent des pratiques suspectes de bénéficier de garanties appropriées.

Cette dimension est déterminante : sans mécanismes de protection crédibles, la peur des représailles peut décourager les dénonciations et compliquer la détection des actes répréhensibles.

Les représentants du PNUD ont salué la vision portée par l’AILC et réaffirmé leur disponibilité à accompagner les initiatives envisagées. Cette convergence d’intérêts ouvre des perspectives de coopération autour de la promotion de l’intégrité, du renforcement institutionnel et de l’amélioration de la gouvernance.

Toutefois, l’efficacité de cette alliance dépendra de sa traduction en actions concrètes, de la continuité de l’accompagnement et de la capacité des institutions à produire des résultats mesurables.

Car la lutte contre la corruption ne saurait reposer uniquement sur les déclarations d’intention. Elle exige des institutions solides, des règles appliquées avec impartialité et des citoyens suffisamment protégés pour contribuer à la dénonciation des abus.

En rapprochant leurs expertises, l’AILC et le PNUD affichent ainsi une ambition commune : faire de l’intégrité une exigence de l’action publique et de la transparence un fondement de la confiance entre l’État et les citoyens.

MBAÏLEDE Trésor

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