Le Premier ministre, chef du Gouvernement, l’ambassadeur Allah-Maye Halina, a présidé ce jeudi 29 octobre 2026, au nom du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, l’ouverture officielle du 5ᵉ Colloque international de l’École nationale d’administration (ENA). Cette rencontre de haut niveau place le développement endogène des États africains au cœur des réflexions sur l’avenir du continent.
L’Afrique doit-elle continuer à dépendre des ressources extérieures pour assurer son développement ou davantage s’appuyer sur ses propres capacités ? C’est autour de cette interrogation stratégique que s’est ouvert, ce jeudi à l’ENA, le 5ᵉ Colloque international consacré au thème : « Le développement endogène des États d’Afrique ».
Présidée par le Premier ministre, chef du Gouvernement, l’ambassadeur Allah-Maye Halina, représentant le chef de l’État, cette rencontre réunit des experts et des personnalités venus d’Afrique et d’Europe. Les échanges ambitionnent d’explorer des solutions adaptées aux réalités africaines, tout en repensant les mécanismes de coopération et les stratégies de croissance des États.
À l’ouverture des travaux, le directeur général de l’ENA, Dr Mahamat Borgou Hassan, a souhaité la bienvenue aux participants. Il a également rendu hommage au président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, pour la confiance accordée à l’institution, tout en exprimant sa reconnaissance au Premier ministre pour l’intérêt porté à ce rendez-vous scientifique et intellectuel.
Dans la même dynamique, le secrétaire général adjoint du Gouvernement, Dr Bourkou Dédé Elhadj, a salué la présence des participants et leur engagement à réfléchir aux enjeux qui orientent l’action gouvernementale.
En procédant à l’ouverture officielle du colloque, le Premier ministre a souligné l’importance de cette rencontre, indiquant que c’est avec un honneur particulier qu’il prend, pour la troisième fois, la parole à l’occasion de ce rendez-vous de l’ENA.
Placée sous le haut patronage du président de la République, cette édition témoigne, selon lui, de l’importance accordée à la formation, à la réflexion stratégique et au renforcement des capacités de l’administration publique.
Pour le chef du Gouvernement, le choix du développement endogène intervient dans un contexte où le continent africain est confronté à de profondes mutations. Une situation qui exige des États davantage d’ambition, d’anticipation et de responsabilité dans la définition de leurs politiques de développement.
L’enjeu, a-t-il fait ressortir, ne consiste plus uniquement à rechercher des financements auprès des partenaires extérieurs, mais aussi à développer les capacités nécessaires pour mobiliser les ressources internes, créer de la richesse et construire des modèles économiques adaptés aux besoins des populations.
Loin de prôner un repli sur soi, le développement endogène doit, selon l’orientation défendue par le Premier ministre, s’inscrire dans une coopération équilibrée et mutuellement bénéfique. Il ne s’agit pas pour les États africains d’avancer isolément, mais de mieux négocier leurs partenariats et d’en tirer des avantages durables.
Dans cette perspective, la coopération Sud-Sud apparaît comme un levier important pour renforcer les échanges d’expériences, mutualiser les compétences et valoriser les réussites africaines. Le continent dispose de ressources humaines, de connaissances et de potentialités qui, mieux exploitées, peuvent contribuer à accélérer sa transformation économique et institutionnelle.
Cette vision invite également les administrations publiques à évoluer. Le défi consiste à dépasser une logique de dépendance pour privilégier la responsabilité, l’initiative et la concertation. L’administration ne doit plus se limiter à exécuter des décisions, mais devenir un véritable acteur de conception, de dialogue et d’impulsion des politiques publiques.
Au-delà des discours, le 5ᵉ Colloque international de l’ENA constitue une occasion de confronter les expériences et de faire émerger des pistes d’action susceptibles de renforcer l’autonomie des États africains.
La mobilisation des experts venus de différents horizons offre un cadre propice à l’analyse des défis institutionnels, économiques et humains qui conditionnent la réussite du développement endogène.
Pour le Tchad comme pour les autres pays du continent, l’enjeu est de transformer les réflexions en politiques publiques efficaces, capables de valoriser les ressources nationales, de renforcer les compétences locales et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Le message porté à l’ouverture de ce colloque est clair : l’avenir de l’Afrique dépend aussi de sa capacité à mobiliser ses propres forces, à assumer ses choix stratégiques et à bâtir des partenariats qui servent ses priorités. Une ambition qui appelle des administrations plus performantes et des États déterminés à devenir les principaux artisans de leur propre développement.
MBAÏLEDE Trésor



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