Le Tchad engage une transformation majeure de son système éducatif. Une circulaire publiée le 20 avril 2026 par le Ministère de l’Éducation Nationale, du Bilinguisme et de la Promotion Civique impose l’application stricte du bilinguisme dans l’ensemble des établissements scolaires du pays. Signée à N’Djamena par le Ministre d’État Dr Mahamat Ahmat Alhabo, cette directive marque un tournant décisif pour la politique linguistique nationale.
La réforme met fin au caractère optionnel de l’arabe, désormais obligatoire dans toutes les écoles et doté du même volume horaire et du même coefficient que le français. Le ministère souligne que le bilinguisme, pilier de l’unité nationale, ne peut plus être appliqué de manière approximative. Cette décision vient corriger plusieurs décennies d’inégalités et d’interprétations variables entre les régions et les établissements.
Au-delà d’un simple changement de programme, la mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de refondation du système éducatif. Elle vise à harmoniser l’apprentissage des deux langues officielles, à réduire les disparités régionales et à offrir aux élèves de meilleures perspectives d’inclusion, de mobilité sociale et d’accès au marché du travail. Le gouvernement entend adapter l’école aux réalités sociolinguistiques du pays et consolider un équilibre identitaire longtemps jugé fragile.
La mise en œuvre de la réforme sera scrupuleusement encadrée. La Direction Générale des Enseignements, des Apprentissages et de la Promotion Civique est chargée de superviser l’application immédiate de ces nouvelles obligations. Elle devra veiller à la réorganisation des emplois du temps, à l’harmonisation des horaires, à l’affectation d’enseignants qualifiés et au suivi administratif dans toutes les provinces.
Si la décision est largement saluée, elle suscite aussi des interrogations. Plusieurs acteurs du secteur éducatif évoquent le manque d’enseignants arabophones, la nécessité d’actualiser les programmes ou encore la révision des modalités d’examen. Des défis réels, mais que les autorités jugent surmontables au regard des bénéfices attendus pour l’avenir du pays.
Avec cette réforme ambitieuse, le Tchad ouvre une nouvelle ère éducative. L’application rigoureuse du bilinguisme pourrait redessiner durablement le paysage scolaire national et renforcer la cohésion d’une génération appelée à maîtriser pleinement les deux langues officielles.
La Rédaction



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