Réuni le mercredi 19 août 2026, le Comité interministériel sur les réserves de l’État a passé en revue plusieurs dossiers fonciers sensibles à N’Djamena, avec une ligne directrice clairement affichée : sécuriser les domaines de l’État, vérifier les occupations contestées et récupérer les emprises irrégulièrement occupées.
Au cœur de cette réunion, quatre réserves foncières ont particulièrement retenu l’attention du Comité. Des sites stratégiques, situés dans des secteurs emblématiques de la capitale, dont la situation juridique et administrative doit désormais faire l’objet d’un examen approfondi.
Face au rond-point de la Fontaine de l’Union, dans le quartier Sabangali, le Comité s’est penché sur une réserve actuellement mise en location par la Mairie de la Ville de N’Djamena pour une période de dix ans. La position arrêtée est sans ambiguïté : à l’expiration du contrat, le domaine devra revenir à l’État, conformément aux dispositions en vigueur.
À proximité du Centre culturel français, la situation apparaît plus complexe. Le Comité a décidé de convoquer l’occupant afin qu’il produise l’ensemble des documents justifiant son occupation et l’utilisation du site. La régularité et l’authenticité des pièces seront ensuite vérifiées par les services compétents.
Même exigence de transparence pour une réserve située près de l’Ambassade des États-Unis. Son attribution serait fondée sur une décision de la Commission nationale d’urbanisme datant de 2013. Le Comité entend désormais soumettre les documents concernés à un contrôle minutieux afin d’en établir l’authenticité et la conformité.
Autre dossier sensible : la réserve située en face de l’Hôtel Hilton, à l’îlot 42/47. Après examen, le Comité a décidé de poursuivre les démarches avec le ministère de la Justice en vue de récupérer cette réserve appartenant à l’État.
La réunion a également débouché sur une mesure à portée plus large. Le Comité interministériel exige la libération des bandes de 80 mètres et de la ceinture verte occupées de manière irrégulière.
Les occupants concernés disposent désormais d’un délai de trois mois, du 19 août au 19 novembre 2026, pour libérer les emprises visées.
Derrière cette décision se dessine un enjeu majeur d’aménagement urbain et de protection du domaine public. La pression foncière croissante dans la capitale rend en effet la maîtrise des réserves stratégiques particulièrement sensible.
Le Comité met par ailleurs en avant des résultats déjà enregistrés. 261 réserves de l’État libérées ont été recensées et immatriculées par les services des domaines, dans le cadre du processus de sécurisation du patrimoine foncier public.
Cette opération doit se poursuivre. Le ministère chargé de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat transmet progressivement aux services des domaines la liste des autres réserves de l’État afin de permettre leur immatriculation.
Le Comité demande également au ministère de la Justice d’engager les démarches nécessaires à l’annulation des grosses de justice portant sur les domaines privés de l’État.
Dans le même temps, le Comité rappelle le maintien de la suspension des attributions de terrains jusqu’à nouvel ordre, conformément à la mesure annoncée par le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat.
Cette suspension s’inscrit dans une volonté plus globale de reprendre le contrôle du foncier public, alors que les litiges, les occupations contestées et les difficultés liées à la sécurisation des titres constituent depuis plusieurs années des défis importants pour la gestion urbaine.
À travers ces décisions, les autorités veulent donc envoyer un signal fort : les réserves foncières de l’État ne doivent plus être considérées comme des espaces disponibles à l’occupation sans contrôle.
La réunion du 19 août marque ainsi une nouvelle étape dans la politique de sécurisation du patrimoine foncier public. Entre contrôles documentaires, récupération des réserves, libération des emprises et immatriculation des domaines, le Comité interministériel entend désormais inscrire son action dans la durée.
À N’Djamena, la question foncière apparaît plus que jamais comme un enjeu de gouvernance, d’ordre urbain et de préservation du patrimoine collectif.
MBAÏLEDE Trésor



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