Dans une décision qui illustre sa volonté de faire respecter la législation environnementale, le ministère de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable a adressé une mise en demeure officielle à une société spécialisée dans la fabrication de nattes en plastique installée à N’Djamena, lui accordant un délai de quinze jours pour se conformer aux exigences réglementaires.
Signée le 14 juillet 2026 à N’Djamena par le secrétaire général du ministère, Koularambaye Koundja Julien, cette correspondance fait suite à une mission de contrôle technique et administratif effectuée le 29 juin dernier au sein de l’établissement. Les inspecteurs y ont relevé plusieurs irrégularités jugées préoccupantes au regard des textes en vigueur en matière de protection de l’environnement.
Parmi les principales infractions constatées figure l’absence d’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES), pourtant obligatoire avant toute mise en exploitation d’une installation industrielle. Cette exigence constitue l’un des principaux mécanismes de prévention des risques environnementaux et permet d’évaluer les conséquences potentielles d’un projet sur les populations et les écosystèmes.
Les agents du ministère ont également relevé le rejet d’eaux usées industrielles non traitées dans le milieu naturel, des nuisances sonores et olfactives persistantes, aussi bien de jour que de nuit, ainsi que des émissions atmosphériques susceptibles d’affecter la qualité de l’air. Selon l’administration, ces pratiques sont de nature à compromettre l’équilibre environnemental et à exposer les riverains à des risques sanitaires.
Face à ces constats, le ministère exige de l’entreprise qu’elle engage sans délai les mesures correctives nécessaires afin de régulariser sa situation. L’exploitant devra transmettre, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la mise en demeure, un rapport circonstancié accompagné de toutes les pièces justificatives démontrant la mise en œuvre effective des actions de mise en conformité.
Les autorités préviennent que le non-respect de cette injonction entraînera l’application des dispositions prévues par la loi n°023/CNT/2024 du 15 octobre 2024 portant protection de l’environnement. Parmi les sanctions envisagées figurent la suspension, voire la cessation des activités concernées, ainsi que d’autres mesures administratives prévues par le cadre légal.
Cette mise en demeure s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer le contrôle des activités industrielles et à imposer une meilleure prise en compte des normes environnementales. Elle traduit également la volonté des pouvoirs publics de concilier développement industriel, protection des ressources naturelles et préservation de la santé des populations.
À travers cette décision, le ministère adresse un message clair à l’ensemble des opérateurs économiques : le respect des obligations environnementales n’est plus une simple formalité administrative, mais une condition indispensable à l’exercice de toute activité industrielle au Tchad.
MBAÏLEDE Trésor



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