Au terme de deux jours de débats scientifiques consacrés au développement endogène des États africains, le 5ᵉ Colloque international de l’École nationale d’administration (ENA) a refermé ses travaux le vendredi 30 octobre 2026 à N’Djamena. Entre souveraineté économique, valorisation des ressources locales, gouvernance et innovation, les participants ont appelé à repenser les modèles de développement du continent à partir de ses propres potentialités.
L’Afrique doit-elle continuer à chercher ailleurs les recettes de son développement ou apprendre à construire son avenir à partir de ses propres forces ? Cette interrogation a constitué l’un des fils conducteurs du 5ᵉ Colloque international de l’École nationale d’administration (ENA), organisé du 29 au 30 octobre 2026 autour du thème : « Le développement endogène des États d’Afrique ».
Pendant deux jours, cette rencontre intellectuelle a transformé N’Djamena en espace de confrontation des idées et d’exploration de nouvelles perspectives pour le continent. Universitaires, chercheurs, spécialistes des politiques publiques, experts et responsables administratifs ont mis en commun leurs expériences pour examiner les conditions d’un développement véritablement porté par les États africains.
Au cœur des discussions, une conviction s’est progressivement imposée : l’avenir économique et institutionnel de l’Afrique ne saurait se construire durablement sans une meilleure exploitation de ses ressources naturelles, humaines et intellectuelles. Gouvernance publique, industrialisation, sécurité, protection de l’environnement, décentralisation et coopération régionale ont ainsi constitué les principaux axes de réflexion.
Présentant la synthèse des travaux, le professeur Begni Bagagna, agrégé de droit à l’Université de Douala, a mis en lumière les multiples dimensions du développement endogène. Son analyse a notamment souligné l’imbrication des facteurs juridiques, économiques et sécuritaires dans la transformation des États africains.
Au-delà des ambitions affichées, les participants ont rappelé que le développement ne peut se réduire à des déclarations de principe. Il exige des institutions performantes, une vision politique cohérente, des compétences nationales renforcées et des mécanismes d’action publique capables de produire des résultats tangibles. La sécurité a également été présentée comme une condition fondamentale à toute dynamique de progrès.
Un autre enseignement majeur s’est dégagé des échanges : la responsabilité de la transformation du continent repose avant tout sur les Africains eux-mêmes. Gouvernants, administrations, secteur privé et citoyens sont ainsi appelés à dépasser les approches théoriques pour faire des recommandations formulées un véritable programme d’action.
S’exprimant au nom des intervenants, le professeur Mouhamadou Moustapha Aidara a salué la qualité des contributions et la pertinence de cette plateforme de réflexion initiée par l’ENA du Tchad. Il a également mis en avant l’importance de maintenir de tels espaces de dialogue scientifique face aux mutations auxquelles les administrations et les sociétés africaines sont confrontées.
Présidant la cérémonie de clôture, le directeur général de l’ENA, Dr Mahamat Borgou Hassan, a exprimé sa satisfaction quant à la densité des débats et à la diversité des connaissances mobilisées. Pour lui, les deux journées ont permis de nourrir une réflexion approfondie sur les perspectives du continent.
« Durant les deux jours de travaux, nous avons appris sur l’avenir de l’Afrique. L’intelligence et le partage étaient à la hauteur », a-t-il déclaré, saluant l’implication des participants et la qualité des interventions.
Dans une ouverture vers les prochaines échéances, le responsable de l’institution a également évoqué les pistes susceptibles d’alimenter la sixième édition. Avec une pointe d’humour, il a confié avoir même sollicité l’intelligence artificielle pour explorer de nouvelles thématiques, estimant que plusieurs grandes questions liées au développement africain avaient déjà été largement examinées.
La décentralisation, l’industrialisation durable et l’intelligence artificielle figurent notamment parmi les enjeux appelés à prendre une place croissante dans les réflexions futures.
En annonçant la tenue d’une sixième édition, le directeur général a ainsi réaffirmé la volonté de l’ENA de maintenir ce rendez-vous comme un cadre de production intellectuelle et de réflexion stratégique sur les mutations du continent.
Au-delà de la clôture protocolaire, ce cinquième colloque laisse surtout une exigence : faire du développement endogène autre chose qu’un concept académique. Car pour l’Afrique, l’enjeu n’est plus seulement de définir les contours de son émergence, mais de mobiliser ses propres capacités pour la concrétiser. Le défi reste désormais de transformer l’intelligence collective en décisions politiques, et les recommandations scientifiques en réalisations au bénéfice des populations.
MBAÏLEDE Trésor



Laisser un commentaire