Entre impératifs de sécurité et nécessité d’informer, les relations entre journalistes et forces de l’ordre constituent un enjeu majeur pour le travail de presse au Tchad. C’est dans cette perspective qu’une délégation de l’Union des journalistes du Tchad (UJT) a été reçue, ce 22 septembre 2026, par la Direction générale de la Police nationale.
Conduite par le président de l’UJT, Abbas Mahamoud Tahir, la délégation comprenait notamment le secrétaire général Gotingar Serge Manassé, le secrétaire général adjoint chargé de la sécurité des journalistes Djimet Wiche, le chargé de communication Napoléon Ngaoundi et le trésorier général Souleymane Abdelkerim.
Face à eux, le directeur général de la Police nationale, le contrôleur général Tougoud Digo Maidé, assisté de son directeur de la communication, le général Mahamat Mahamat Idriss.
L’un des principaux enjeux de cette rencontre était de remettre sur les rails une coopération appelée à faciliter le travail des journalistes lors des événements nécessitant l’intervention des forces de sécurité.
Pour l’UJT, l’objectif n’est pas seulement de réagir lorsque survient un incident. Il s’agit surtout d’anticiper les incompréhensions et de disposer d’un mécanisme permettant de régler rapidement les difficultés rencontrées sur le terrain.
L’organisation professionnelle propose ainsi l’instauration d’un cadre de concertation permanent, avec notamment la désignation de points focaux au sein des deux institutions. Un tel dispositif devrait permettre de faire circuler plus rapidement les informations et de désamorcer les tensions avant qu’elles ne prennent de l’ampleur.
Le président de l’UJT a rappelé, à ce propos, les enseignements tirés de précédentes collaborations, notamment durant la pandémie de Covid-19, période au cours de laquelle le dialogue entre journalistes et policiers avait contribué à limiter les incompréhensions dans l’exercice des missions respectives.
De son côté, le directeur général de la Police nationale a salué la démarche de l’UJT et rappelé l’importance du rôle joué par les médias dans la société.
Tougoud Digo Maidé a toutefois insisté sur la nécessité pour les professionnels de l’information de faire preuve de rigueur dans le traitement et la diffusion des faits, particulièrement dans un contexte marqué par la circulation rapide des contenus numériques.
La rencontre a également permis d’évoquer les comportements susceptibles de compliquer les interventions des forces de l’ordre sur la voie publique, ainsi que les risques d’amalgame pouvant naître lors de certaines opérations.
Pour la Police nationale, la protection des citoyens et le maintien de l’ordre demeurent des impératifs, tandis que pour les journalistes, l’accès au terrain et la possibilité de recueillir et transmettre l’information constituent des conditions essentielles à l’exercice du métier.
Au-delà des discours, l’UJT et la Police nationale semblent désormais vouloir privilégier un mécanisme de proximité fondé sur le contact direct et la prévention.
La disponibilité affichée par le directeur général de la Police nationale à maintenir un canal d’échange avec l’organisation des journalistes ouvre ainsi la voie à une nouvelle étape de cette collaboration.
Dans un contexte où les incidents entre professionnels des médias et agents de sécurité peuvent rapidement se transformer en incompréhensions, la mise en place d’un dialogue régulier pourrait constituer un outil concret pour faciliter le travail de chacun.
L’enjeu est désormais de transformer cette volonté commune en dispositifs opérationnels, afin que sécurité, accès à l’information et respect des missions professionnelles puissent davantage coexister sur le terrain.
MBAÏLEDE Trésor



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