Tchad : Pahimi Padacké Albert dénonce le « retour assumé du Parti-Etat »
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Tchad : Pahimi Padacké Albert dénonce le « retour assumé du Parti-Etat »

L’ancien Premier ministre accuse le MPS d’organiser méthodiquement un recul démocratique à travers l’installation de structures partisanes au sein même de l’administration publique.

Le chef de file de l’opposition tchadienne et président du parti RNDT-Le Réveil, Pahimi Padacké Albert, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « retour assumé au parti-État » au Tchad. Dans un message publié sur son compte Facebook officiel, l’ancien Premier ministre a livré une critique sévère de l’évolution du système politique national, accusant le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) de renforcer son emprise sur les institutions publiques.

Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, l’opposant affirme que le recul démocratique observé dans le pays ne relève plus de simples dysfonctionnements institutionnels, mais d’une stratégie politique délibérément mise en œuvre.

« Je l’ai toujours soutenu : le recul démocratique de notre pays ne relève plus du simple accident, il s’organise et se déploie méthodiquement », écrit-il.

Pour Pahimi Padacké Albert, le MPS ne cherche plus à dissimuler sa volonté de concentrer le pouvoir politique et administratif. Il pointe notamment le cumul des fonctions de président de la République et de président du parti au pouvoir, qu’il considère comme un symbole fort de cette centralisation.

L’ancien chef du gouvernement s’inquiète surtout de l’installation de structures partisanes au sein des ministères. Selon lui, les « points focaux » récemment mis en place ne seraient qu’une nouvelle appellation des cellules du MPS, désormais intégrées au cœur même de l’appareil administratif.

« Après avoir progressivement écarté des services publics les militants de l’opposition, le MPS franchit aujourd’hui une nouvelle étape en installant ses cellules, rebaptisées « points focaux », au cœur des ministères », dénonce-t-il.

Cette situation constituerait, selon le leader du RNDT-Le Réveil, une rupture avec les principes de neutralité de l’administration publique et rappellerait une période que beaucoup considéraient comme révolue.

Dans son message, Pahimi Padacké Albert établit un parallèle historique avec l’époque de l’Union Nationale pour l’Indépendance et la Révolution (UNIR), le parti unique dirigé par le défunt président Hissein Habré. Il estime que l’imbrication croissante entre le parti au pouvoir et l’État reproduit des pratiques qui avaient disparu avec l’avènement du multipartisme.

« Une telle imbrication organique du parti au pouvoir dans l’appareil administratif public n’avait plus été vue depuis la fin de l’UNIR », affirme-t-il.

Cette nouvelle sortie de l’ancien Premier ministre intervient dans un contexte politique marqué par des débats récurrents sur la consolidation de la démocratie, l’indépendance des institutions et l’équilibre entre pouvoir et opposition au Tchad. Elle risque d’alimenter davantage les discussions sur la place du parti au pouvoir dans la gestion des affaires publiques et sur les garanties de pluralisme politique dans le pays.

À travers cette prise de position, le chef de file de l’opposition lance une nouvelle alerte sur ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle préoccupante, appelant implicitement à une vigilance accrue des acteurs politiques et de l’opinion publique face aux enjeux démocratiques actuels.

MBAÏLEDE Trésor

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