La coopération entre N’Djamena et Tunis pourrait connaître un nouvel élan dans le domaine de la formation professionnelle. Le 22 octobre 2026, une délégation du Centre national des œuvres universitaires (CNOU) a engagé des discussions avec les autorités tunisiennes pour réactiver les places de formation jusque-là inutilisées, améliorer les conditions d’accueil des boursiers tchadiens et adapter les parcours aux besoins du pays.
Faire des opportunités de formation un véritable levier de développement : c’est l’ambition affichée par le CNOU à travers ses échanges avec les responsables tunisiens de la formation professionnelle. Au cœur de cette démarche, un enjeu majeur : donner une portée concrète aux engagements de coopération conclus entre les deux pays.
Conduite par le professeur Mahamat Issa Hassan, la délégation tchadienne a rencontré, le 22 octobre, les responsables tunisiens du secteur, sous la conduite de Mounir Dakhli, directeur général de la coopération internationale. Le conseiller culturel de l’ambassade du Tchad en Algérie et en Tunisie, Allazam Hamid Mahamat, a également pris part aux discussions.
L’un des principaux objectifs de cette rencontre consiste à remettre en marche un dispositif resté longtemps sans effet. Depuis 2012, quinze places de formation sont réservées au Tchad dans le cadre de la coopération avec la Tunisie, mais elles n’ont jamais été exploitées.
Les deux parties entendent désormais lever les obstacles ayant empêché leur utilisation et créer les conditions nécessaires à leur mobilisation dès février prochain. La réactivation de ces places représenterait une occasion supplémentaire pour les jeunes Tchadiens d’accéder à des formations professionnelles susceptibles de favoriser leur insertion sur le marché du travail.
Au-delà de cette question, les échanges ont porté sur la révision du protocole de coopération afin de mieux encadrer les engagements réciproques et de rendre le partenariat plus opérationnel.
Les discussions ne se limitent pas à l’attribution des places disponibles. Elles abordent également la formation des formateurs, un volet essentiel pour renforcer les capacités pédagogiques et améliorer la qualité de l’enseignement professionnel.
La question de la prise en charge des étudiants boursiers a, elle aussi, occupé une place importante. Les deux parties ont notamment évoqué leur accès gratuit aux œuvres universitaires, un dispositif susceptible d’alléger les dépenses liées à leur séjour et de leur permettre de poursuivre leur formation dans de meilleures conditions.
Ces orientations traduisent la volonté de construire une coopération qui ne se résume pas à l’envoi d’étudiants à l’étranger, mais qui contribue également au renforcement durable des compétences.
Pour le Tchad, l’enjeu est aussi de faire correspondre les possibilités offertes par le partenariat tunisien aux besoins réels de son économie et de ses services. Les deux parties ont ainsi convenu de maintenir un suivi régulier de leurs engagements, avec la perspective d’augmenter le nombre de bourses disponibles et d’orienter les formations vers les secteurs jugés prioritaires.
Cette approche pourrait permettre de mieux valoriser les compétences acquises à l’étranger et de préparer des profils capables de répondre aux défis du développement national.
Reste désormais à traduire les engagements discutés en mesures concrètes. La réactivation des quinze places, l’amélioration de l’accompagnement des boursiers et l’élargissement des possibilités de formation constitueront autant d’indicateurs pour apprécier les avancées de ce partenariat.
À travers cette démarche, le CNOU mise sur une coopération universitaire et professionnelle plus efficace, avec une ambition centrale : faire de la formation un investissement durable au service de la jeunesse tchadienne et des besoins du pays.
MBAÏLEDE Trésor



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