Tchad : un débat sous tension à l’Assemblée nationale autour du projet de réécriture de l’histoire du pays
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Tchad : un débat sous tension à l’Assemblée nationale autour du projet de réécriture de l’histoire du pays

Le débat autour de la création d’un comité chargé de réécrire l’histoire du Tchad a animé, ce vendredi 29 mai 2026, l’hémicycle de l’Assemblée nationale Assemblée nationale du Tchad, situé au Palais de la Démocratie. Convoqué pour répondre aux questions orales avec débat, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatina Béni, a défendu avec vigueur un projet jugé stratégique pour la souveraineté mémorielle nationale.

La séance plénière a été dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, en présence du secrétaire général adjoint du gouvernement, Dr Boukou Dédé Alhadj, et de la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, Khadidja Adoum Attimer, entourés de plusieurs cadres ministériels.

Face aux députés, le ministre Dr Sitack Yombatina Béni a exposé une ambition centrale : permettre aux Tchadiens de reprendre la main sur la construction de leur récit national.
« Il ne s’agit pas d’écrire l’histoire coloniale, mais de réécrire une histoire générale du Tchad, une histoire acceptée par tous. Une histoire écrite par nous-mêmes, et non une histoire des vainqueurs ni racontée par les autres », a-t-il déclaré.

Selon lui, le futur comité s’appuiera sur les réalités nationales, les mythes fondateurs et la mémoire collective. Le ministre appelle à une démarche « inclusive, scientifique et représentative de toutes les composantes du pays ».

Si l’objectif de reprendre la main sur le récit national suscite un assentiment de principe, plusieurs élus ont exprimé leurs inquiétudes quant au risque d’une réinterprétation orientée du passé.

Le député Béral Mbaïkoubou, l’auteur de cette interpellation, a insisté sur la nécessité de préserver la rigueur et l’authenticité :
« Nous voulons bien posséder notre histoire, mais possédons celle que nous avons réellement vécue, et non celle que l’on voudrait que nous ayons vécue », a-t-il lancé.

D’autres parlementaires ont interrogé la composition du comité, les garanties d’indépendance, la transparence du processus et les méthodes qui seront employées pour éviter toute instrumentalisation politique.

La réécriture de l’histoire nationale représente un chantier délicat dans un pays marqué par une mosaïque ethnique, des décennies de conflits et une mémoire collective hétérogène.
Pour le gouvernement, il s’agit d’un acte fondateur visant à renforcer la cohésion nationale et à affirmer la souveraineté culturelle.
Pour les voix plus prudentes, cette entreprise exige des garde-fous solides pour éviter qu’elle ne devienne un outil d’unification artificielle ou un récit partial.

Dans un pays où la question identitaire occupe une place cruciale, le débat du 29 mai pourrait bien marquer le début d’un vaste chantier mémoriel, susceptible de redéfinir la manière dont le Tchad raconte, assume et transmet son histoire.

La Rédaction

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