Le climat entre les autorités tchadiennes et les opérateurs de téléphonie mobile se durcit. À N’Djamena, une rencontre de haut niveau, tenue pendant près de trois heures, a réuni le ministère en charge des Télécommunications et les principaux acteurs du secteur, dont Airtel. Au centre des échanges : la dégradation persistante de la qualité des services mobiles et internet sur l’ensemble du territoire.
Présidée par Haliki Choua Mahamat, la réunion a rassemblé plusieurs institutions nationales ainsi que des représentants du Parlement, du secteur privé et des instances de régulation. Une mobilisation qui traduit l’ampleur des préoccupations liées à la performance des réseaux.
Sans détour, le ministre a dénoncé les insuffisances répétées observées dans la couverture et la stabilité des services, rappelant que les réseaux de télécommunications constituent désormais des infrastructures stratégiques essentielles à la sécurité et au fonctionnement de l’État. Il a également insisté sur les difficultés rencontrées par les usagers, confrontés à des interruptions fréquentes et à une connectivité jugée insuffisante, notamment hors des grandes villes.
Au-delà de la qualité du service, les autorités ont soulevé des préoccupations structurelles : lourdeurs dans la prise de décision, dépendance à des procédures centralisées et recours jugé excessif à la sous-traitance pour la gestion technique des infrastructures. Le ministère appelle désormais à une plus grande autonomie opérationnelle locale et à une réactivité accrue sur le terrain.
Autre point majeur : le déploiement de la fibre optique nationale. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de voir les opérateurs se raccorder aux infrastructures publiques en cours d’extension, notamment vers l’Est et le Nord du pays, dans une logique de mutualisation et d’amélioration de la qualité du réseau.
Face à ces critiques, le Directeur général de Airtel au Tchad, Brahim Nallar, a présenté un plan d’investissement axé sur le renforcement des infrastructures et l’introduction de nouveaux services numériques. Une annonce accueillie avec prudence par les autorités, qui disent attendre des résultats concrets plutôt que de nouvelles promesses.
Dans un contexte marqué par une forte attente des consommateurs et une pression politique croissante, l’État entend désormais exercer un suivi plus rigoureux du secteur, avec un objectif affiché : garantir un accès fiable, stable et équitable aux services de communication sur l’ensemble du territoire.
La Rédaction



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