La diplomatie ivoirienne est montée d’un ton. Le Ministère d’État, Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a convoqué ce vendredi l’Ambassadrice de la République du Niger en Côte d’Ivoire, à la suite de propos jugés « graves » tenus par les plus hautes autorités nigériennes à l’encontre du Président Alassane Ouattara.
Un rendez-vous exceptionnel qui témoigne d’une crispation rare entre deux pays historiquement liés par une longue tradition de coopération, de solidarité et d’intégration régionale.
Lors de cet entretien au Cabinet de la Ministre d’État, les autorités ivoiriennes ont exprimé leur « vive indignation » et condamné « avec la plus grande fermeté » les déclarations venues de Niamey. Selon Abidjan, ces prises de position ne relèvent pas seulement d’un écart de langage : elles constituent une atteinte directe « à l’honneur et à la dignité » du Chef de l’État ivoirien et, plus largement, du peuple de Côte d’Ivoire.
Le communiqué souligne également que ces déclarations contreviennent aux usages diplomatiques et risquent d’altérer profondément le climat de confiance entre les deux nations.
Fidèle à son positionnement de puissance stabilisatrice en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire rappelle qu’elle a toujours privilégié le dialogue, la paix et le respect mutuel dans ses relations bilatérales.
Mais Abidjan prévient : cette tradition ne saurait justifier la tolérance d’« agissements susceptibles de compromettre sérieusement la qualité des relations bilatérales ».
Pour marquer son désaccord, le Gouvernement ivoirien a remis à l’Ambassadrice nigérienne une Note de Protestation formelle, destinée à être transmise sans délai aux autorités de Niamey.
Le communiqué se conclut sur un avertissement clair. La Côte d’Ivoire suivra « avec attention » la suite réservée à cette démarche diplomatique. Et le Gouvernement se dit prêt à « tirer toutes les conséquences qui s’imposent », laissant entendre que d’autres mesures pourraient être envisagées si Niamey ne réagit pas de manière satisfaisante.
Ce développement ajoute un nouvel épisode aux tensions régionales qui traversent l’Afrique de l’Ouest, entre repositionnements politiques, alliances fluctuantes et reconfigurations diplomatiques depuis plusieurs mois.
Une chose est sûre : Abidjan entend faire respecter ses institutions et son Chef de l’État, et le fait savoir avec une netteté inhabituelle.
La Rédaction



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