Washington : le Tchad sonne l’alerte et exige un choc d’investissements pour sauver l’avenir de l’eau en Afrique
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Washington : le Tchad sonne l’alerte et exige un choc d’investissements pour sauver l’avenir de l’eau en Afrique

À Washington, loin des rives du fleuve Chari et des sécheresses qui étirent les saisons au Sahel, le Tchad a choisi de hausser le ton. Vendredi 17 avril 2026, lors d’une rencontre ministérielle à huis clos organisée par le Groupe de la Banque mondiale, N’Djamena a lancé un appel frontal : sans un sursaut massif d’investissements, la sécurité de l’eau en Afrique restera une promesse fragile.

Réunis autour du thème « Sécurité de l’eau pour l’avenir de l’Afrique », plusieurs décideurs du continent ont échangé sur un enjeu devenu vital : l’accès, la gestion et la préservation d’une ressource sous pression démographique, climatique et économique.

Portant la voix du pays, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, a dressé un constat à la fois lucide et volontariste. Le Tchad, a-t-il rappelé, n’est pas dépourvu d’eau loin de là. Mais ses immenses ressources hydriques restent sous-exploitées, mal valorisées, parfois hors de portée des populations qui en dépendent.

Dans un ton ferme, il a exhorté les partenaires techniques et financiers à changer d’échelle : moins de projets fragmentés, plus d’investissements structurants capables de transformer durablement le paysage hydrique africain.

Au cœur de son intervention, un message stratégique : l’eau n’est plus un secteur parmi d’autres, mais un pilier central du plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », porté par la vision du chef de l’État Mahamat Idriss Déby Itno

Dans cette trajectoire, la maîtrise des ressources hydriques devient un levier de transformation économique, agricole et sociale. Sans eau sécurisée, pas d’industrialisation viable, pas de sécurité alimentaire durable, pas de stabilité territoriale.

Aux côtés du ministre de l’Eau, le ministre d’État aux Finances, Tahir Hamid Nguilin, a renforcé le message en soulignant la nécessité d’un financement innovant et massif. L’enjeu dépasse la simple assistance : il s’agit désormais de bâtir une architecture d’investissement capable de répondre à une crise structurelle.

Dans les couloirs de la rencontre organisée par le Groupe de la Banque mondiale, le discours tchadien a pris une dimension plus large : celle d’un appel africain à replacer l’eau au centre des priorités globales.

Au-delà du plaidoyer, le Tchad a marqué les esprits par une annonce politique forte : la prochaine ratification de son pacte national pour la sécurité de l’eau dans les semaines à venir.

Ce document stratégique sera officiellement présenté avant le Forum de haut niveau prévu les 15 et 16 juillet à N’Djamena, appelé à devenir un rendez-vous majeur sur la coopération internationale autour de l’eau.

En clôture de son intervention, le ministre a lancé une invitation appuyée à ses homologues africains : rejoindre N’Djamena en juillet pour transformer les engagements en actions.

Derrière le discours, une ambition se dessine : faire du Tchad non plus seulement un pays confronté aux défis hydriques du Sahel, mais un acteur moteur de la gouvernance de l’eau en Afrique.

À Washington, le message est parti. Reste désormais à savoir si les financements suivront le rythme de l’urgence.

La Rédaction

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